ICOs

Anar Babaev, directeur associé d’ICOBox : « Nous s‎uivons avec attention les tendances des crypto-marchés afin de nous adapter à leurs évolutions »

Anar Babaev

Le depart d’ICO­Box de Nick Evdo­ki­mov, “serial entre­pre­neur” pas­sion­né de tech­no­lo­gie blo­ck­chain, a été l’une des nou­velles les plus reten­tis­santes de ces der­nières semaines dans la cryp­to-sphère. Pour­quoi ce busi­ness­man a-t-il déci­dé de se reti­rer de la ges­tion de la socié­té qu’il a fon­dée ? Com­ment cela risque d’affecter l’activité d’ICOBox ? Que peut-on attendre des cryp­to-mar­chés en 2019 ?

Ce sont cer­taines des ques­tions aux­quelles a ten­té de répondre Anar Babaev, l’associé direc­teur d’ICObox.

Le depart de Nick Evdo­ki­mov a sur­pris la cryp­to-com­mu­nau­té. Quelles sont les rai­sons de cette déci­sion ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que Nick n’est plus asso­cié aux ope­ra­tions ou à la direc­tion de la socié­té depuis fin 2017, période à laquelle il s’était tour­né vers d’autres pro­jets. Et c’est pré­ci­sé­ment parce qu’il est très occu­pé qu’il a déci­dé qu’il vau­drait mieux annon­cer offi­ciel­le­ment se départ, afin d’éviter de faire naître cer­taines rumeurs. Nick reste asso­cié à ICO­Box, mais n’a pas par­ti­ci­pé à l’activité de l’entreprise depuis près d’un an.

Quels sont les conse­quences du retrait de Nick ?
Pour répondre à cette ques­tion, nous devons prendre du recul et nous inté­res­ser à la période où la socié­té a été créée, mais aus­si à la per­son­na­li­té de Nick Evdo­ki­mov. C’est un vision­naire, un géné­ra­teur d’idées, qui n’est pas très éloi­gné d’un Elon Musk ou d’un Tra­vis Kala­nick.

Il a dédié sa vie à la recherche de nou­velles solu­tions pour répondre à des pro­blèmes ren­con­trés par les mar­chés. Cela lui pro­cure une grande satis­fac­tion – et il faut recon­naître qu’il excelle dans ce domaine. Par ailleurs, si vous ana­ly­sez l’ensemble de ses pro­jets, vous note­rez qu’il s’est tou­jours lan­cé avec des indi­vi­dus issus de dif­fé­rentes sphères.

Mais il n’a jamais été vrai­ment inté­res­sé par la ges­tion opé­ra­tion­nelle, ce n’est pas ce qui le fait vibrer. C’est la rai­son pour laquelle le départ de Nick n’aura que peu de consé­quences. Par ailleurs, sans lui, la socié­té a pour­sui­vi sa crois­sance, en enre­gis­trant de nou­veaux records. Si l’on com­pare aux chiffres de 2017, nous avons cette année mul­ti­plié par 4 le nombre de nos clients – ils sont désor­mais plus d’une soixan­taine. Par­mi eux, il y a des entre­prises que nous avons accom­pa­gnées dans le lan­ce­ment de leurs ICOs, des socié­tés pour les­quelles nous avons déve­lop­pé des « toke­no­mics », et d’autres struc­tures qui ont fait appel à nous pour la rédac­tion de leurs « White Papers ». L’an der­nier, nos clients sont par­ve­nus à col­lec­ter 270 mil­lions de dol­lars, et ce chiffre devrait être 2,5 fois plus impor­tant cette année – et ce mal­gré la crise pro­fonde que tra­verse la cryp­to-sphère. Notre socié­té fonc­tionne actuel­le­ment très bien, et nous par­ve­nons à res­pec­ter les enga­ge­ments que nous avons pris devant nos clients.

La répu­ta­tion de Nick Evdo­ki­mov a souf­fert ces der­niers temps.

J’ai enten­du par­ler de ces accu­sa­tions : je sais donc de quoi vous vou­lez par­ler. Je ne suis pas pré­ci­sé­ment qua­li­fié pour don­ner mon opi­nion concer­nant le tra­vail de Nick en dehors d’ICOBox. La cou­ver­ture média­tique qu’il a reçue concer­nait ses pro­jets Decen­tu­rion et Cryp­to­no­mics Capi­tal, qui n’ont jamais été asso­ciés à ICO­Box, ni d’un point de vue juri­dique, ni d’un point de vue opé­ra­tion­nel. Il s’agit de socié­tés tota­le­ment dis­tinctes et indé­pen­dantes, qui s’appuient sur d’autres fon­da­teurs, pro­prié­taires et ges­tion­naires.

Certes, Cryp­to­no­mics Capi­tal a noué des contrats avec ICO­Box pour l’accompagner sur plu­sieurs de ses pro­jets, mais il s’agissait de simples rela­tions d’affaires – il n’existe aucun lien entre les deux entre­prises.

Je n’ai rien d’autre à ajou­ter au sujet des pro­jets de Nick dans la mesure où je ne les connais pas, et que ceux-ci ne sont pas liés à notre acti­vi­té. S’agissant d’ICOBox, nous fai­sons tout notre pos­sible pour ne pas nous impli­quer dans des pro­jets ten­dan­cieux – par exemple, nous avons refu­sé de tra­vailler avec cer­tains pro­jets liés aux jeux d’argent, aux casi­nos en ligne et à la pro­duc­tion de vidéos pour adultes.

Qui gère désor­mais ICO­Box ?

Daria Gene­ra­lo­va et moi sommes les cofon­da­teurs et asso­ciés direc­teurs d’ICOBox, et nous pre­nons conjoin­te­ment les déci­sions clés de mana­ge­ment. Dara est en charge des mar­chés inter­na­tio­naux, tan­dis que je gère la Rus­sie et d’autres pays rus­so­phones. Nous vivons dans dif­fé­rentes par­ties du monde, mais cela ne nous a pas empê­ché, nous et nos équipes, de pou­voir tra­vailler ensemble 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et d’explorer de nou­velles manières de pour­suivre notre crois­sance.

Qu’est-ce qu’a récem­ment pre­pa­ré ICO­Box ? La socié­té a annon­cé des chan­ge­ments dans son orga­ni­gramme, mais il est dif­fi­cile de savoir ce que cela signi­fiait, et de com­prendre dans quelle direc­tion vous comp­tez vous tour­ner.

Nous sui­vons avec atten­tion les ten­dances des cryp­to-mar­chés afin de nous adap­ter à leurs évo­lu­tions. Si l’on com­pare avec le début de l’année, ceux-ci ont per­du les deux tiers de leur valeur, le prix du Bit­coin a chu­té de plus de 70% (ce qui a pro­vo­qué l’effondrement des autres cryp­to-mon­naies), et le nombre d’ICOs a radi­ca­le­ment dimi­nué. Ce phé­no­mène est le résul­tat de plu­sieurs fac­teurs. Mais le plus impor­tant d’entre eux, c’est que le mar­ché est deve­nu plus mature. Des petits acteurs, qui n’ont par­fois pas ren­con­tré de dif­fi­cul­tés pour lever des fonds, sont rem­pla­cés par des acteurs plus sérieux, notam­ment des inves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels. Ils militent pour un éco­sys­tème dif­fé­rent, doté de règles claires. Ils ne mise­ront pas sur la cryp­to-sphère si celle-ci s’avère être trop vola­tile, ou ambi­guë d’un point de vue juri­dique.

Alors que cer­tains consi­dèrent que le mar­ché des ICOs est pra­ti­que­ment mort, que compte faire votre socié­té ?

Nous sommes prêts à entrer dans un mar­ché nou­veau mais très pro­met­teur de « secu­ri­ty tokens », qui res­pectent les régle­men­ta­tions gou­ver­ne­men­tales et qui ouvrent un accès aux capi­taux « clas­siques ». Il s’agit d’une alter­na­tive bien plus fami­lière et plus com­pré­hen­sible pour les acteurs pro­fes­sion­nels des mar­chés.

Par consé­quent, ICO­Box va délais­ser les ser­vices liés aux ICOs pour se tour­ner vers des STOs (Secu­ri­ty Token Offe­rings). Nous offri­rons éga­le­ment la pos­si­bi­li­té de conduire des « Com­po­site Token Offe­rings » (CTO) – un busi­ness model qui com­bine à la fois des « uti­li­ty tokens » et des « secu­ri­ty tokens ». Par ailleurs, si une entre­prise sou­haite conduire une ICO, nous aurons éga­le­ment la pos­si­bi­li­té de l’accompagner.

Est-ce que ce chan­ge­ment de direc­tion a sus­ci­té des reduc­tions d’effectifs ?

Mal­heu­reu­se­ment, nous avons été contraints de nous sépa­rer d’une par­tie de nos équipes. Mais nous avons déjà com­men­cé à envi­sa­ger de nou­veaux recru­te­ments, dans la mesure où ce nou­veau mar­ché néces­site des com­pé­tences et des domaines d’expertise bien spé­ci­fiques.

Vous ne niez pas le fait que le mar­ché des actifs numé­riques se trouve en eaux troubles. Ne pen­sez-vous pas que cette bulle va finir par écla­ter au cours de l’année pro­chaine ?

Non, je vois seule­ment ce phé­no­mène comme un point de bas­cule. Après l’engouement, cer­tains cryp­to-pro­duits sont actuel­le­ment poin­tés du doigt. Mais le mar­ché va s’ajuster, entrer dans une nou­velle étape de son déve­lop­pe­ment, et deve­nir plus pro­fes­sion­nel. La cryp­to-sphère reste l’un des outils les plus avan­ta­geux pour trou­ver des inves­tis­seurs, et il serait mal­avi­sé de l’ignorer.

Une illus­tra­tion : en Rus­sie, la Sber­bank et la pla­te­forme inter­na­tio­nale 500 Star­tups ont sélec­tion­né 30 pro­jets pour le pre­mier cru de leur accé­lé­ra­teur de star­tups. Chaque équipe rece­vra un inves­tis­se­ment pou­vant aller jusqu’à 10 mil­lions de roubles, avec la pos­si­bi­li­té de s’installer dans la Sili­con Val­ley – une pro­po­si­tion inté­res­sante, n’est-ce pas ? 10 mil­lions de roubles, cela repré­sente envi­ron 150 000 dol­lars par pro­jet, ce qui est très bien pour un pre­mier tour de finan­ce­ment – même si, en res­tant réa­liste, cer­tains pro­jets auront besoin de plus de capi­taux pour être lan­cés.

Car les pro­jets les plus ambi­tieux et les plus inter­na­tio­naux néces­si­te­ront une approche tota­le­ment dif­fé­rente, bien plus radi­cale. C’est pré­ci­sé­ment là où les oppor­tu­ni­tés offertes par la cryp­to-sphère entrent en jeu. Cette année, nous sommes par­ve­nus à aider plus de 60 entre­prises à lever près de 400 mil­lions de dol­lars – soit plus de 6 mil­lions de dol­lars par pro­jet. Il est clair qu’il s’agit de sommes bien plus impor­tantes. Je suis convain­cu que la cryp­to-sphère n’est pas prête de dis­pa­raître – elle devrait sim­ple­ment conti­nuer à évo­luer, et gagner en matu­ri­té.

Cet article n’a pas été rédi­gé par notre équipe édi­to­riale, et nous ne sommes pas res­pon­sables des infor­ma­tions qu’il contient. Il ne s’agit pas d’une recom­man­da­tion d’investissement. Nous vous sug­gé­rons de mener vos propres recherches avant de déci­der de vous pro­cu­rer des cryp­to-mon­naies, et nous ne sau­rons être tenus res­pon­sables de toute perte en capi­tal, en lien avec la lec­ture de cet article.

Anar Babaev, direc­teur asso­cié d’ICOBox : « Nous s‎uivons avec atten­tion les ten­dances des cryp­to-mar­chés afin de nous adap­ter à leurs évo­lu­tions »
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