Ethereum

Qu’est ce que Ethereum ? Notre avis sur Ethereum

Si vous n’a­vez jamais enten­du par­ler d’E­the­reum, sachez que c’est une tech­no­lo­gie qui risque de bou­le­ver­ser de nom­breux sec­teurs. Le monde des ser­vices, mais éga­le­ment celui de la finance et des banques pour­raient bien­tôt être impac­tés.

Le bit­coin per­met aujourd’­hui d’as­su­rer avec suc­cès le bon dérou­le­ment de tran­sac­tions finan­cières, grâce à la blo­ck­chain, cette chaîne de blocs qui consti­tue une base de don­nées dis­tri­buée à tous les noeuds du réseau. Ethe­reum reprend à son compte ce concept en y ajou­tant un lan­gage de pro­gram­ma­tion qui va per­mettre à cha­cun de pou­voir contrac­ter entre eux sans requé­rir la pré­sence d’une auto­ri­té cen­trale.

Ethe­reum appa­raît comme une manière d’auto­ma­ti­ser le bon fonc­tion­ne­ment d’or­ga­ni­sa­tions humaines. Toutes les tran­sac­tions pas­sées entre leurs membres seraient conte­nues dans un grand registre infal­si­fiable.

D’ha­bi­tude, lorsque je contracte avec autrui, je le fais car je sais qu’il existe un tiers de confiance capable d’en­dos­ser un cos­tume d’ar­bitre afin de régler d’é­ven­tuels litiges.

Et si cet arbitre deve­nait un bout de code ? C’est le pari très osé de Vita­lik Bute­rin, ce jeune déve­lop­peur russe, qui a levé plus de 18 mil­lions de dol­lars en 2014 pour mettre au point avec son équipe Ethe­reum.

1. Des echanges de MP3 à la génèse d’une plateforme globale

Ethe­reum peut être vu comme une évo­lu­tion du Bit­coin, lui-même pen­sé comme un pro­lon­ge­ment des envois de pair à pair propres au pro­to­cole Bit­torent.

Com­ment en sommes-nous arri­vés là ? Afin de mieux com­prendre ce que repré­sente la blo­ck­chain Ethe­reum, il appa­raît néces­saire de voir dans quel pro­ces­sus elle s’ins­crit.

Bittorent, première plateforme d’échange de pairs à pairs

Bit­torent est le pre­mier sys­tème mon­dial de trans­fert de don­nées de pair à pair de manière décen­tra­li­sée. Poin­tée du doigt comme la tech­no­lo­gie qui allait mettre sur la paille cinéastes et musi­ciens, Bit­torent per­met à cha­cun d’é­chan­ger des fichiers très faci­le­ment. Avec un atout inédit : la pos­si­bi­li­té de télé­char­ger du conte­nu auprès de la com­mu­nau­té, sans dépendre des ser­veurs d’une socié­té. Lors­qu’un uti­li­sa­teur télé­charge un fichier, il ne le fait pas auprès d’un ser­veur cen­tral, mais en s”  »appro­vi­son­nant » auprès autres uti­li­sa­teurs à tra­vers le monde qui détiennent tous au moins une par­tie de ce fichier.

Le fonctionnement de la technologie bittorent
Le fonc­tion­ne­ment de la tech­no­lo­gie bit­torent

Par la suite, plu­sieurs déve­lop­peurs ont cher­ché à reprendre cette idée de réseau tota­le­ment décen­tra­li­sé afin de poser les bases d’une cryp­to­mon­naie. Mais ils se sont heur­tés à un pro­blème majeur : ils ne par­ve­naient pas à résoudre le « double spen­ding pro­blem », ce pro­cé­dé qui aurait pu per­mettre à un usa­ger peu scru­pu­leux de dépen­ser deux fois le même « token » (jeton ou uni­té de mon­naie). Il fal­lait pour cela pou­voir dis­po­ser d’une base de don­nées cen­tra­li­sée, per­met­tant à chaque usa­ger de s’as­su­rer de l’u­ni­ci­té des mou­ve­ments de ces tokens.

Mais cela a pris du temps. Plu­sieurs déve­lop­peurs ont échoué dans leur pari de créer une mon­naie digi­tale, notam­ment Wei Dai en 1998, dont la B‑money per­met­tait déjà d’u­ti­li­ser de la puis­sance de cal­cul pour sécu­ri­ser des tran­sac­tions. Ce concept fut amé­lio­ré en 2005 par Hal Fin­ney, grâce à l’i­dée de « preuves de tra­vail réuti­li­sables ».
En paral­lèle, Hash­cash dont le but était d’empêcher le spam, a mis en place en 2002 un sys­tème qui obli­geait n’im­porte quel ordi­na­teur sou­hai­tant envoyer des don­nées à résoudre des sys­tèmes com­plexes d’é­qua­tions.

Une monnaie digitale qui tient ses promesses : le Bitcoin

Il fau­dra attendre 2008 pour assis­ter à la nais­sance d’une mon­naie digi­tale tota­le­ment sécu­ri­sée : le Bit­coin. C’est un déve­lop­peur ou un groupe de déve­lop­peurs se pré­sen­tant sous le nom de Sato­shi Naka­mo­to qui vont par­ve­nir à trou­ver la solu­tion per­met­tant de don­ner nais­sance à une cryp­to-mon­naie réel­le­ment sécu­ri­sée. En publiant en 2008 un papier blanc inti­tu­lé « Bit­coin : A peer-to-Peer Elec­tro­nic Cash Sys­tem », ils posèrent les jalons de ce que sera la pre­mière mon­naie digi­tale décen­tra­li­sée. Une mon­naie qui n’est pas créée par une banque émet­trice, mais par de simples lignes de code.

Les mon­naies fidu­ciaires s’appuient sur la confiance dans les banques cen­trales qui l’é­mettent, et par­ti­cipent à l’en­ri­chis­se­ment des inter­mé­diaires finan­ciers. Le bit­coin a pour des­sin de créer une mon­naie sans banque cen­trale et sans inter­mé­diaire finan­cier. Nous sommes alors dans un contexte de perte de confiance dans les ins­ti­tu­tions ban­caires. Cette idée d’une mon­naie numé­rique séduit peu à peu de nom­breux usa­gers, et le cours du Bit­coin passe de moins de 1 cen­time de dol­lar en février 2010 à 20 dol­lars en juiillet 2013, pour dépas­ser la barre des 1000 dol­lars en novembre 2013.

Cette nou­velle mon­naie va per­mettre :

  • d’é­li­mi­ner le recours à un inter­mé­diaire : chaque tran­sac­tion finan­cière s’ef­fec­tue de pair à pair comme lors d’un échange d’argent liquide.;
  • d’empêcher la « fausse » créa­tion moné­taire en ins­cri­vant l’en­semble des tran­sac­tions pas­sées sur un registre qui sera par­ta­gé entre les usa­gers ;
  • De mini­mi­ser les frais de tran­sac­tions, qui peuvent s’a­vé­rer coû­teux lorsque l’on doit faire appel à un éta­blis­se­ment ban­caire. Mini­mi­ser, pas éli­mi­ner. Il sub­siste des frais per­met­tant de rému­né­rer les « miners », qui mettent à dis­po­si­tion la puis­sance de cal­cul de leur machine. C’est cette puis­sance qui va pou­voir assu­rer la sécu­ri­té des tran­sac­tions, en enre­gis­trant celles-ci de manière indé­lé­bile sur ce que l’on appelle des blocs. Cer­tains en ont d’ailleurs fait un busi­ness :

Une mine à bitcoins

Les tran­sac­tions en bit­coins fonc­tionnent selon le sys­tème de Proof of Work. Les per­sonnes « minant » simul­ta­né­ment peuvent être assi­mi­lées à des par­ties qui par­ti­cipent à un consen­sus. Même si un hacker était capable de créer un bloc sur la blo­ck­chain, il ne pour­rait pas reti­rer de bit­coins, car seul le pro­prié­taire du por­te­feuille peut y reti­rer de l’argent grâce à sa signa­ture.

La menace d’une « double-spend attack » a quant à elle été solu­tion­née grâce à la dépen­dance entre les blocs : il devient impos­sible d’in­va­li­der un bloc sans inva­li­der les pré­cé­dents.

Mais concrè­te­ment, à quoi ça sert ? Ima­gi­nez que vous sou­hai­tiez ache­ter un objet en ligne. Vous pou­vez  payer le mar­chand par le biais de Pay­pal : vous envoyez votre argent à la socié­té, qui va se char­ger d’en rever­ser une par­tie à la per­sonne à qui vous sou­hai­tez ver­ser les fonds, en rete­nant au pas­sage une com­mis­sion rela­ti­ve­ment impor­tante. Pour ne pas avoir à régler cette com­mis­sion, il est désor­mais pos­sible de régler le mar­chand direc­te­ment en bit­coins, quelque soit le lieu où il se situe dans le monde. Et celui-ci ne pour­ra jamais décla­rer qu’il n’a pas reçu son paie­ment, dans la mesure où toutes les tran­sac­tions sont publiques.

Par contre, il est plus com­pli­qué pour vous de prou­ver que vous n’a­vez pas reçu son colis. On pour­rait ima­gi­ner un pro­lon­ge­ment comme celui-ci :
1- Le pro­gramme véri­fie que le colis a été reçu, en ren­sei­gnant le numé­ro de sui­vi du colis direc­te­ment sur le site de chro­no­post ;
2– Le pro­gramme pro­cède auto­ma­ti­que­ment au paie­ment du mar­chand.

Far­fe­lu ? Pas vrai­ment. En repre­nant ce concept de chaîne de blocs, Ethe­reum va aller beau­coup plus loin et per­mettre des appli­ca­tions très diverses.

La génèse de la Blockchain Ethereum

C’est Vita­lik Bute­rin, un cana­dien de seule­ment 22 ans qui a inven­té Ethe­reum. Le jeune homme s’é­tait pris de pas­sion pour le bit­coin et avait co-fon­dé en 2011 le « Bit­coin Maga­zine ».

Vitalik Buterin, inventeur d'Ethereum
Vita­lik Bute­rin, inven­teur d’E­the­reum

Fin 2013, il publie un papier blanc décri­vant la blo­ck­chain Ethe­reum en la pré­sen­tant à la fois comme une mon­naie cryp­to­gra­phique de nou­velle géné­ra­tion et une pla­te­forme d’ap­pli­ca­tions décen­tra­li­sées. Son orga­ni­sa­tion à but non lucra­tif bap­ti­sée « Ethe­reum Foun­da­tion » lève­ra 18,9 mil­lions de dol­lars l’an­née sui­vante.

2. Ethereum, une nouvelle BlockChain

Ethe­reum peut être assi­mi­lé à un « ordi­na­teur glo­bal », décen­tra­li­sé, qui va per­mettre de créer et de super­vi­ser des « smart contracts ». Ce sont des contrats intel­li­gents dont la bonne exé­cu­tion est assu­rée non pas par une auto­ri­té tierce, mais par la com­mu­nau­té elle-même. Les déve­lop­peurs peuvent y conce­voir des appli­ca­tions de toutes sortes qui vont per­mettre de super­vi­ser le trans­fert d’ob­jets, de valeur voire même de pou­voir entre les indi­vi­dus.

Cet « ordi­na­teur glo­bal » exé­cute des pro­grammes grâce au concours de mil­liers d’u­ti­li­sa­teurs qui four­nissent une par­tie de la puis­sance de cal­cul de leur machine.

La Blo­ck­Chain Ethe­reum va per­mettre de faire émer­ger de nou­velles alter­na­tives aux pla­te­formes com­mu­nau­taires sur les­quelles de nom­breuses per­sonnes ont pour habi­tude de pas­ser des contrats, comme Airbnb ou Uber. A une excep­tion près : plus besoin de se sou­mettre aux règles édic­tées par une seule socié­té. Les condi­tions qui régissent les inter­ac­tions entre les usa­gers seront déci­dées par la com­mu­nau­té toute entière. Il va être donc pos­sible de gérer des pla­te­formes d’é­change grâce à un consen­sus dis­tri­bué.

6 principales caractéristiques d’Ethereum

La blo­ck­chain Ethe­reum consti­tue une base de don­nées inal­té­rable et par­ta­gée par tous les usa­gers. Chaque bloc, codé de manière cryp­to­gra­phique, repré­sente plu­sieurs tran­sac­tions qui ont été vali­dées par la com­mu­nau­té.  Cet ensemble de bloc est déte­nu par tous les usagers(des noeuds), qui conservent cha­cun une copie local de cette base don­nées.

Les atouts de l’E­the­reum sont nom­breux :

  • Inal­té­ra­bi­li­té : la base de don­nées blo­ck­chain étant publique et chaque ordi­na­teur qui par­ti­cipe à son fonc­tion­ne­ment en pos­sè­dant une copie, il est en théo­rie qua­si-impos­sible de fal­si­fier Ethe­reum. Chaque ins­crip­tion effec­tuée sur la blo­ck­chain trouve son ori­gine dans le consen­sus de l’en­semble des « miners ».
  • Absence de pos­si­bi­li­tés de cen­sure donc sur Ethe­reum. Nous savons tous que cer­tains gou­ver­ne­ments ont une fâcheuse ten­dance à vou­loir effa­cer des don­nées qui ne semblent pas conformes à l’i­mage qu’ils sou­haitent. Avec Ethe­reum, un gou­ver­ne­ment sou­cieux d’ef­fa­cer des don­nées n’en serait pas capable.
  • Frais de fonc­tion­ne­ment opti­mi­sés : les déve­lop­peurs sont inci­tés à opti­mi­ser leurs appli­ca­tions tan­dis que les res­sources en éner­gie sont allouées de manière effi­ciente grâce à la rému­né­ra­tion récol­tée par les « miners ».
  • Sécu­ri­té des tran­sac­tions, grâce un chif­fre­ment per­for­mant des don­nées.
  • Publi­ci­té :  les enre­gis­tre­ments qui ont été effec­tués sur la blo­ck­chain peuvent être consul­tés par toute la com­mu­nau­té. Il devient ain­si pos­sible de connaître tous les flux d’e­thers depuis et vers un compte en indi­quant cette adresse dans un ser­vice comme EtherScan.io.
  • Ano­ny­mat : la trans­pa­rence n’im­plique pas une mise à nu de chaque usa­ger. Si un par­ti­cu­lier vous demande de le payer en bit­coins, et vous envoie son adresse publique, vous avez alors accès à un tas d’in­for­ma­tions sur son por­te­feuille : l’his­to­rique de ses paie­ments et ver­se­ments, le mon­tant de bit­coins qu’il détient… Avec Ethe­reum, il sera pos­sible de déci­der pour chaque contrat des per­sonnes ou des groupes de per­sonnes qui auront accès à ses infor­ma­tions.

Une der­nière chose concer­nant la publi­ci­té et l’a­no­ny­mat : il sera pos­sible sur cer­taines appli­ca­tions de choi­sir à qui vous l’on sou­haite faire appa­raître cer­taines don­nées confi­den­tielles. On peut déjà ima­gi­ner l’i­dée d’un « car­net de san­té » qui nous sui­vrait, et ne serait acces­sible qu’aux méde­cins char­gés de nous soi­gner, qui pour­raient alors consul­ter en un clic l’en­semble de nos anté­cé­dents médi­caux.

L’ether, une monnaie digitale comme le bitcoin ?

L’e­ther pos­sède de nom­breux points com­muns avec son cou­sin le Bit­coin. Ce sont tous deux des mon­naies :

  • digi­tales : elles ne peuvent pas être maté­ria­li­sées, et ne sont pas échan­geables direc­te­ment entre deux indi­vi­dus sans pas­ser par le réseau ;
  • décen­tra­li­sées : à l’in­verse des mon­naies fidu­ciaires, leur prix n’est pas contrô­lé par une ins­ti­tu­tion ;
  • dont la valeur reposent sur la confiance, non pas dans une banque émet­trice ou un Etat, mais dans le sys­tème dans son ensemble.

Les dif­fé­rences ? Elles sont immenses. Le bit­coin ne per­met de coder que des appli­ca­tions très limi­tées : même s’il serait pos­sible de pro­gram­mer des appli­ca­tions en se ser­vant de cette tech­no­lo­gie, ce serait long et peu effi­cient. Il a seule­ment été pen­sé comme une mon­naie.
Avec Ethe­reum, nous avons à dis­po­si­tion un récep­tacle dans lequel il va être pos­sible d’i­ma­gi­ner une infi­ni­té d’ap­pli­ca­tions concrètes.

Com­ment ache­ter des ethers ? C’est assez simple. N’hé­si­tez pas à lire mon guide sur l’a­chat d’e­thers.

Où conserve-t-on ses ethers ? Les ethers se glissent dans un por­te­feuille numé­rique, l”  »Ethe­reum Wal­let », qui va per­mettre de conser­ver ses jetons à l’a­bri, mais aus­si de rédi­ger, exé­cu­ter et recou­rir à l’u­ti­li­sa­tion de « smart contracts ».

Même si le cours de l’e­ther varie et qu’il pos­sède une valeur mar­chande, l’e­ther n’a pas voca­tion à deve­nir une mon­naie des­ti­née au simple paie­ment de biens et des ser­vices. Il va tou­te­fois ser­vir de valeur d’é­change per­met­tant d’as­su­rer le paie­ment des exé­cu­tions rela­tives aux smart contrats.

L’e­ther doit ser­vir à récom­pen­ser les uti­li­sa­teurs qui mettent à dis­po­si­tion la puis­sance de cal­cul de leur machine, ou qui contri­buent à son déve­lop­pe­ment. En effet, les usa­gers sont inci­tés à par­ti­ci­per à la vali­da­tion des tran­sac­tions, via le « mining ».

L’offre d’e­thers est-elle limi­tée ? Oui, le nombre d’é­thers crées chaque année est limi­té à 18 mil­lions, soit 25% de l’offre ini­tiale. Son taux d’in­fla­tion va ain­si décroître d’an­née en année. Il est pré­vu qu’à terme, le nombre d’e­thers crées en une année soit à peu près équi­valent au nombre d’é­thers per­dus (perte de clé, décès) afin d’at­teindre un équi­libre entre créa­tion et des­truc­tion moné­taires.

L’éther va permettre d’assurer le bon fonctionnement d’applications

L’e­ther est l’élément de base néces­saire au bon accom­plis­se­ment des paie­ments réa­li­sés par les per­sonnes qui uti­lisent la blo­ck­chain Ethe­rium. Plus les appli­ca­tions déve­lop­pées sur Ethe­rum néces­sitent de la puis­sance de cal­cul, plus ceci va s’a­vé­rer coû­teux en termes de res­sources. Or les déve­lop­peurs ont besoin d’ac­qué­rir de l’e­ther, assi­miable à de l’es­sence (« gaz ») pour faire tour­ner leurs appli­ca­tions.

Voi­là pour­quoi les déve­lop­peurs sont inci­tés, afin de réduire leurs coûts, à coder les appli­ca­tions les plus effi­cientes que pos­sible en termes de consom­ma­tion de puis­sance de cal­cul. On revient sur cette idée selon laquelle ce qui est bon pour un indi­vi­du l’est aus­si pour le col­lec­tif.

Aus­si appe­lé EtherS­cript, ce lan­gage de pro­gram­ma­tion va per­mettre à n’im­porte qui de pou­voir pro­gram­mer une appli­ca­tion

La plu­part des contrats pas­sés entre des enti­tés impliquent un échange éco­no­mique. Avec Ethe­reum, il va être pos­sible de contrô­ler auto­ma­ti­que­ment la bonne exé­cu­tion d’un accord ain­si que l’exécution du paie­ment sous-jacent en ethers.

 

3. Des applications diverses

Ethereum, la fin de l’intermédiation ?

Ces der­nières années, de mul­tiples com­pa­gnies « on-demand », sur­fant sur une mode de ser­vices dits « col­la­bo­ra­tifs » ont connu des crois­sances très rapides. Ethe­reum vient les concur­ren­cer, en appor­tant une alter­na­tive.

L’obligation de passer par des organismes de contrôle

Pre­nons l’exemple de Julien. Il effec­tue le tra­jet Paris-Mar­seille tous les week-ends, et dis­pose de trois places libres dans sa voi­ture. Depuis quelques mois, il pro­pose ces places sur Bla­bla­car, ce qui lui per­met de rem­bour­ser une grosse par­tie de ses frais.
Mais a t’il vrai­ment le choix ? Julien est obli­gé d’u­ti­li­ser la pla­te­forme Bla­bla­car pour pou­voir pro­po­ser ses places libres, car les autres pla­te­formes ne peuvent lui assu­rer qu’une visi­bi­li­té très faible. Et il est donc presque contraint de régler une com­mis­sion impor­tante à Bla­bla­car sur tous ses tra­jets.

Le pro­blème, c’est que ces réseaux d’é­changes de biens et ser­vices sont contrô­lés par un petit nombre d’en­tre­prises par­fois omni­po­tentes et qui souffrent de nom­breux défauts. Elles sont :

  • coû­teuses,
  • lentes,
  • hié­rar­chi­sées,
  • objec­tives de part leur nature.

Ces socié­tés ne sont que des inter­mé­diaires : Airbnb ne dis­pose pas de loge­ments et Uber ne pos­sède pas de voi­tures. Ils ont trou­vé des mar­chés juteux sur les­quels il exis­tait déjà une demande forte. Nous sommes tous déja tom­bés sur un chauf­feur de taxi peu aimable, et nous avons tous déjà connu des sou­cis pour trou­ver un loge­ment lors de nos séjours à l’é­tran­ger. Ces évé­ne­ments ont ten­dance à engen­drer une frus­tra­tion à laquelle ces socié­tés apportent une réponse brillante.

Mais cette réponse a un prix : une com­mis­sion for­fai­taire + 20% du chiffre d’af­faires des chauf­feurs chez Uber ; de 9 à 15 % sur chaque nui­tée chez Airbnb. Même si ces frais sont légi­times, les coûts viennent impact direc­te­ment le pou­voir d’a­chat du client.

Ethe­reum pro­pose de résoudre ce pro­blème, grâce à un lan­gage de pro­gram­ma­tion qui va per­mettre à n’im­porte qui de créer son propre « smart contract ». Vita­lik Bute­rin a ain­si décla­ré qu”  »Ethe­reum vise à être la base d’un pro­to­cole sur lequel les usa­gers pour­ront créer des appli­ca­tions décen­tra­li­sées ». Il devient pos­sible pour n’importe quel déve­lop­peur de pou­voir conce­voir une pla­te­forme auto­ma­ti­sée. Comme il n’y a pas aucune auto­ri­té qui contrôle cette pla­te­forme, les coûts seront très réduits, per­met­tant aux usa­gers de pro­fi­ter d’un ser­vice très éco­no­mique voire gra­tuit.

Pre­nons l’exemple d’U­ber :

Pre­nons l’exemple d’U­ber : la socié­té cali­for­nienne récu­père 20% du chiffre d’af­faires de ses chauf­feurs. Les com­mis­sions pré­le­vées par les pla­te­formes sont sou­vent assez impor­tantes, et peuvent venir dimi­nuer consi­dé­ra­ble­ment les pro­fits effec­tués par ceux qui en tirent une rému­né­ra­tion. On peut le voir dans l’autre sens et se dire que lorsque l’on paye 10 euros pour une course, les frais Uber nous coûtent 2 euros.
On peut faci­le­ment ima­gi­ner de futures pla­te­formes de VTC qui ne pren­draient que de très faibles com­mis­sions, de l’ordre de 1 à 2%. Il existe d’ailleurs déjà l’ap­pli­ca­tion Lazouz, qui sou­haite à court terme mettre en place des rétri­bu­tions pour les per­sonnes qui acceptent d’ac­cueillir des pas­sa­gers sur de courtes dis­tances.

Pour la créa­tion de ces « decen­tra­li­zed appli­ca­tions », ou DApps, Ethe­rum s’ap­puie sur le lan­guage Soli­di­ty, sem­blable à Javas­cript. Si vous êtes curieux sur les pos­si­bi­li­tés per­mises par ce lan­gage, vous pou­vez consul­ter cette page en anglais.

Ces DApp sont open source : n’im­porte qui peut accé­der au code qui décrit la façon dont elle fonc­tionne. Des chan­ge­ments peuvent être opé­rés à ce code seule­ment si une pro­por­tion pré­dé­fi­nie d’u­sa­gers l’ac­cepte et les don­nées doivent être consi­gnées dans une blo­ck­chain publique.

Des applications nombreuses et diverses

Ces DApps pour­ront à terme sur­pas­ser les appli­ca­tions conçues et contrô­lées par des socié­tés pri­vées grâce à leur flexi­bi­li­té, leur trans­pa­rence , leur pro­cé­dé de récom­penses et le fait qu’elles ne néces­sitent aucun contrôle en temps réel, tout y étant auto­ma­ti­sé. Elles per­met­tront aux usa­gers vont inter­ra­gir au tra­vers d’une inter­face ergo­no­mique Desk­top ou mobile .

Les principaux projets de DApps

Il existe déjà une mul­ti­tude d’ap­pli­ca­tions décen­tra­li­sées, par­fois à l’é­tat de pro­jet.

1. Augur

Augur est une bourse mon­diale de paris en ligne. Chaque uti­li­sa­teur est invi­té à ten­ter de pré­dire l’a­ve­nir, en effec­tuant une mise qui pour­rait lui rap­por­ter un cer­tain mon­tant.

Il est vir­tuel­le­ment pos­sible de conce­voir un pari sur n’im­porte quoi, et de conser­ver au pas­sage la moi­tié des frais pré­le­vés aux participants(2% en géné­ral). Trois condi­tions tou­te­fois :

  • le pari doit pou­voir prendre en compte l’en­semble des pos­si­bi­li­tés
  • le fait sur lequel il porte doit pou­voir être véri­fié sur un site qui fait auto­ri­té
  • il ne doit pas être contraire à l’é­thique prô­née par la com­mu­nau­té.

Voi­ci un exemple de pari :

Un pari sur françois Hollande sur la DApps Augur

Vous pen­sez que Fran­çois Hol­lande va se repré­sen­ter ? Vous ache­tez des parts qui cor­res­pondent à la réa­li­sa­tion de cet évé­ne­ment. Les « cotes » seront défi­nies en fonc­tion de l’offre et de la demande, et ajus­tées en tant réel afin de reflé­ter un prix « col­lec­tif », basé sur les intui­tions de la col­lec­ti­vi­té.
Il va être par ailleurs pos­sible d’a­che­ter et de vendre ces actifs très avant l’é­chéance, si l’on sou­haite sécu­ri­ser un gain, limi­ter de poten­tielles pertes ou parier sur la manière dont évo­luent les cotes.

Non ce n’est pas une énieme solu­tion de paris en ligne. Augur s’ap­puie sur la croyance selon laquelle les pré­dic­tions faites par un groupe sont tou­jours supé­rieures à celles des indi­vi­dus qui le com­posent. Son acti­vi­té devrait d’ailleurs per­mettre de récol­ter de la data, en inci­tant les gens à don­ner leur avis.

Autres DApps (ou pro­jets) :

  • Ethe­reum Pyra­mid Contract
  • Consen­Sys
  • Slock.It
  • Back­feed
  • Eth­core
  • Free­My­Vunk
  • The Rudi­men­tal
  • Ethe­ropt
  • Digix
  • Crowd­sale




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