ICOs

ICO de Telegram : la messagerie anonyme annonce une deuxième phase de pré-vente, et pourrait parvenir à lever 1,6 milliards de dollars

Telegram

Tele­gram a infor­mé les inves­tis­seurs accré­di­tés de la mise en place d’une deuxième phase de pré-vente pour son Ini­tial Coin Offe­ring – et ce alors même que le pre­mier tour de table lui aurait déjà per­mis de récol­ter 850 mil­lions de dol­lars.

Telegram pourrait récolter pas moins de 1,6 milliard de dollars

Logo TelegramCette semaine, les inves­tis­seurs qui avaient par­ti­ci­pé à la pré-vente orga­ni­sée par Tele­gram ont reçu un email de la part de Pavel Durov, le PDG de la socié­té, qui les a infor­més de la mise en place d’une deuxième phase de vente.

Même si aucun mon­tant n’a été dévoi­lé, cer­tains obser­va­teurs indiquent que ce deuxième tour de table devrait por­ter sur des sommes simi­laires à celles qui ont été levées lors de la pre­mière phase de la pré-vente.

Si ces infor­ma­tions étaient exactes, l’I­CO de TON pour­rait per­mettre de récol­ter au total 1,6 mil­liards de dol­lars de finan­ce­ments, avant même son ouver­ture au public. Elle bat­trait ain­si le pré­cé­dent record en date, déte­nu par File­coin, qui était par­ve­nue à lever 257 mil­lions de dol­lars en sep­tembre der­nier.

Contrai­re­ment à de nom­breuses ICOs qui sont pro­po­sées immé­dia­te­ment au public, la levée de fonds menée par les frères Durov ne s’a­dresse pour l’ins­tant qu’à un petit groupe d’in­ves­tis­seurs accré­di­tés. Notons par ailleurs que les « Grams » (qui sont les tokens de l’é­co­sys­tème blo­ck­chain TON que sou­haite lan­cer Tele­gram) ne peuvent être obte­nus qu’a­vec des dol­lars et des euros – il est ain­si impos­sible de par­ti­ci­per à cette opé­ra­tion avec des Ethers ou des Bit­coins.

Par consé­quent, il s’a­gi­rait, plu­tôt que d’une « véri­table » ICO, d’une « allo­ca­tion fer­mée de titres finan­ciers en mon­naies fidu­ciaires », comme l’a­vait révé­lé il y a quelques jours une source proche du dos­sier. Un dis­po­si­tif qui semble donc assez proche d’un finan­ce­ment tra­di­tion­nel par capi­tal-risque, alors qu’une poi­gnée d’in­ves­tis­seurs accré­di­tés se seraient vus offrir la pos­si­bi­li­té d’ob­te­nir des remises par rap­port au prix public.

TON devrait être l’a­cro­nyme de  « The Open Net­work » ou de « Tele­gram Open Net­work ». Il devrait s’a­gir d’un véri­table éco­sys­tème englo­bant des appli­ca­tions, des ser­vices, mais éga­le­ment une place de mar­ché de biens phy­siques et numé­riques.

Si cette ICO sus­cite un tel engoue­ment, c’est sans doute parce que Tele­gram pour­ra mettre le TON à la dis­po­si­tion de l’en­semble de ses usa­gers. Alors que de nom­breux éco­sys­tèmes blo­ck­chain ne sont encore uti­li­sés que par une poi­gnée d’en­thou­siastes, Tele­gram aura immé­dia­te­ment la pos­si­bi­li­té de ten­ter de convaincre les membres de sa com­mu­nau­té, com­po­sée de plus de 100 mil­lions d’u­ti­li­sa­teurs.

TON : Un réseau prometteur ?

ICO de TelegramMal­gré tout, le pro­jet fait l’ob­jet de nom­breuses cri­tiques, qui s’a­dressent pour la plu­part au conte­nu de son White Paper.

Car si ce docu­ment pré­sente l’en­semble des ser­vices de TON qui tire­ront pro­fit de la tech­no­lo­gie blo­ck­chain (sto­ckage de fichiers, ser­vice de DNS, réseau publi­ci­taire,…) ain­si que les capa­ci­té du réseau (qui serait capable de trai­ter plu­sieurs mil­lions de tran­sac­tions par seconde), il sem­ble­rait que Tele­gram ne pro­pose aucune expli­ca­tion concrète concer­nant les moyens tech­niques qu’elle compte uti­li­ser pour y par­ve­nir.

Mat­thew Green, spé­cia­liste en chif­fre­ment des don­nées et pro­fes­seur à l’U­ni­ver­si­té Johns Hop­kins, s’est décla­ré impres­sion­né par les ambi­tions affi­chées par le TON. Mal­gré tout, de nom­breux élé­ments conte­nus dans ce White paper lui semblent irréa­listes :

« Je vais être hon­nête : ce livre blanc semble avoir été rédi­gé par des per­sonnes qui sont allées faire un tour sur inter­net, et qui ont repris les idées les plus ambi­tieuses pré­sen­tées dans une dou­zaines de pro­jets, avant de se dire : “fai­sons la même chose… mais en mieux !”. Ce pro­jet me semble irréa­li­sable, en tout cas à l’é­chelle qu’ils sou­haitent atteindre ».

Pour d’autres, il s’a­gi­rait d’un moyen de lever rapi­de­ment des sommes consi­dé­rables, tout en excluant les petits épar­gnants :

Si les frères Durov ont déci­dé d’ou­vrir cette deuxième phase de pré-vente, c’est sans doute lié à l’ap­pé­tence affi­chée par les inves­tis­seurs pen­dant le pre­mier tour de table. Cer­tains obser­va­teurs indiquent par ailleurs que, du fait d’une demande net­te­ment supé­rieure à l’offre, une par­tie d’entre eux seraient déjà par­ve­nus à revendre leurs parts à un prix deux fois plus éle­vé que celui qu’ils avaient du débour­ser.

On peut d’ores et déjà se deman­der si l’ar­ri­vée de ce deuxième tour de table ne risque pas de péna­li­ser davan­tage les épar­gnants qui par­ti­ci­pe­ront à la phase publique de l’I­CO, qui sera ouverte le mois pro­chain.

Réfé­rences : NewsBTC, The­Verge




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