Changpeng Zhao, le PDG de Binance, a répondu aux rumeurs selon lesquelles sa plateforme facturerait 400 Bitcoins (environ 2,4 millions de dollars) aux entreprises qui souhaitent y référencer leur crypto-monnaie.
400 BTCs pour ajouter un coin sur Binance ?
La semaine dernière, Christopher Franko, le PDG de la crypto-startup Expanse, semblait s’étonner des sommes qui seraient demandées par Binance pour référencer un coin. Selon le dirigeant, l’une des principales plateformes d’échange au monde serait extrêmement gourmande : elle lui aurait réclamé 400 Bitcoins pour qu’il puisse y ajouter sa crypto-monnaie, l’Expanse (EXP).
Pour prouver ses dires, l’homme a fourni le lendemain une capture d’écran faisant apparaître l’adresse oyyq@binance.com :
« Nous ne référençons pas de “shitcoins”, même s’ils nous payent 400 ou 4 000 BTCs. ETH/NEO/XRP/EOS/XMR/LTC/ et d’autres ont été listés sans avoir à régler de frais. La question n’est pas “combien Binance facture pour référencer un actif ?” mais plutôt “est-ce que mon coin est suffisamment qualitatif ?”. Ce qui compte, ce ne sont pas les frais, c’est votre projet ! Concentrez-vous sur votre projet ! »
Et d’ajouter que la capture d’écran fournie par M. Franko serait un « fake » :
« Par ailleurs, l’e-mail que M. Franko a publié est un e‑mail “truqué”, qui n’émane pas de Binance. Binance n’enverra jamais le moindre e‑mail contenant un devis sur des frais, et ces derniers ne sont pas libellés en BTCs. Les porteurs de projet doivent être en mesure de détecter le “spoofing” d’e-mail, et ceux qui n’en sont pas capables ne devraient pas émettre un coin. Les méthodes de communication en disent beaucoup au sujet d’un coin ».
« Toutes les plaintes concernent les frais de référencement de projets que nous n’avons pas listés, c’est-à-dire que nous avons pas facturés (nous n’avons même pas demandé de frais). Ce qui compte, ce ne sont pas les frais, c’est le projet. C’est vrai, il existe de nombreux projets prometteurs que nous n’avons pas encore référencés. Nous travaillons dessus ».
Une pratique courante
D’autant qu’il s’agit d’une pratique courante dans le secteur. En avril dernier, la société Autonomous Research avait révélé que les crypto-plateformes factureraient des montants 10 fois plus élevés pour référencer un token que ne le font les bourses « traditionnelles » pour lister une action. Elle précisait qu’environ 5% des commissions versées – qui s’élèveraient généralement entre 1 et 3 millions de dollars –atterrissaient dans les poches de conseillers chargés de négocier avec ces plateformes.
Ces derniers jours, certains internautes ont appelé Binance a faire preuve d’une plus grande transparence. Pour Daniel C. Pigeon, un employé de la société Komodo, elle aurait tout intérêt à publier un document listant les critères que doit remplir un coin pour être y être référencé gratuitement.
Au cours d’un entretien récemment accordé à des médias locaux, plusieurs entrepreneurs sud-coréens de l’écosystème blockchain ont révélé la présence d’un « marché noir » du listage de crypto-monnaies. Certains courtiers demanderaient ainsi entre 2 et 5 millions de dollars pour aider une startup à ajouter son coin sur une plateforme populaire. Les principales bourses (notamment OKEx, Binance et Huboi) ont toutefois indiqué qu’elles ne traitaient pas avec de tels intermédiaires.
Lors de la rédaction de cet article, Binance – qui a soufflé sa première bougie le mois dernier – était la deuxième plateforme d’échange de crypto-monnaies au monde en termes de volumes.