L »économiste Nouriel Roubini, également connu sous le surnom de « Docteur Doom », a fustigé cette semaine dans l’une des ses chroniques la technologie blockchain, dont les mérites sont pourtant vantés par de nombreux observateurs. Mais pour le président du conseil d’administration de Roubini Macro Associates, cette technologie n’est en aucun cas révolutionnaire, et elle ne pourra jamais s’intégrer au système financier actuel.
Une technologie « surcotée »
Dans sa dernière chronique, le « docteur Doom » a fait part de ses réserves vis-à-vis de la technologie blockchain :
« En réalité, la blockchain est la technologie la plus surcotée qui soit jamais apparue »
Ce docteur en économie dresse ainsi un portait de vitriol de cet écosystème, en insistant notamment sur les « smart contracts » adossés à celui-ci. Il n’est pas convaincu qu’ils puissent être plus rapides et plus efficaces que les contrats juridiques existants.
Pourtant, de nombreuses grandes institutions financières ont vanté les mérites de la technologie blockchain. C’est le cas de la banque d’investissement J.P. Morgan, qui a expliqué dans un article intitulé « Unlocking Economic Advantage with Blockchain » que celle-ci « remodèlera les marchés financiers » et remplacera « l’infrastructure actuelle des actifs, des transactions et des paiements » d’ici à 2030.
Elle juge que cette technologie est susceptible d” »induire un changement majeur » dans le monde de la finance, « en éliminant le besoin de recourir à une autorité centrale » :
Elle estime par ailleurs que la blockchain pourrait permettre de limiter les coûts dans de nombreux domaines liés à la gestion d’actifs financiers :
Au-delà des institutions financières, certains dirigeants politiques – comme le président russe Vladmir Poutine ou le premier ministre indien Narendra Modi – ont également souligné le rôle que pourrait jouer la blockchain dans la transformation du secteur financier.
La SWIFT s’est déjà tournée vers la blockchain
Il ignore sans doute que la SWIFT a elle-même signé un mémorandum d’entente destiné à explorer la technologie blockchain pour tenter d’améliorer le traitement des transactions financières. Ceci pourrait lui permettre de rendre les paiements transfrontaliers plus rapides et moins coûteux si elle parvenait à implémenter, dans les mois qui viennent, des applications concrètes de cette technologie.
L’économiste a toutefois conclu sa tribune sur une note moins négative à l’égard de la blockchain :
« Au final, les utilisations de la blockchain se limiteront à des applications spécifiques, bien définies et complexes qui nécessitent une plus grande transparence et une resistance accrue contre les effractions, plus qu’elles ne nécessitent de vitesse – comme par exemple, la communication avec des voitures autonomes ou des drones. »
Référence : Bitsonline