Le gouvernement sud-coréen a désavoué les déclarations du ministre de la Justice, qui avait indiqué il y a quelques jours qu’il souhaitait faire interdire le trading de crypto-monnaies dans le pays. Les observateurs restent optimistes, même si l’imprévisibilité des autorités les oblige à rester prudents.
Pas d’interdiction prévue
Il a indiqué que la « task force » qui a été mise en place allait « modifier » la proposition du ministère de la Justice, qui avait déclaré il y a quelques jours qu’il souhaitait faire interdire cette activité. Il s’agirait désormais de mettre en place un cadre réglementaire qui puisse favoriser le développement de cet écosystème.
Voici ce que l’on pouvait lire dans le compte-rendu de ses déclarations (la traduction est approximative) :
« Tout d’abord, le gouvernement sud-coréen continuera de prendre des mesures vis-à-vis des comptes anonymes de trading de crypto-monnaies, et punira les manipulations de marché, le blanchiment d’argent, ainsi que les transactions frauduleuses à travers des investigations menées de concert par les forces de l’ordre et les autorités financières locales.
Deuxièmement, la proposition d’interdire le trading de crypto-monnaies avait été suggérée par le ministre de la Justice Park Sang-ki le 28 décembre dernier. Elle visait à mieux contrôler la spéculation qui entoure les monnaies numériques. Cette proposition sera discutée et modifiée par la “task force” à laquelle participent le ministère de la Stratégie et des Finances, la Banque centrale, la Fair Trade Commission, ainsi que d’autres agences gouvernementales.
Troisièmement, la spéculation excessive et les activités frauduleuses seront sévèrement punies. Mais le gouvernement soutiendra, et même financera, le développement des technologies liées à la blockchain ».
D’ici à la fin du mois de janvier, les plateformes d’échange de crypto-monnaies sud-coréennes devraient permettre à nouveaux aux investisseurs de s’y inscrire. De leur côté, les étrangers et les traders âgés de moins de 18 ans se verront refuser l’accès à ces sites dès le 20 janvier.
Cette déclaration du gouvernement intervient après les vives critiques formulées par certains dirigeants. On peut citer celles de Nam Kyung-pil, ancien membre du congrès et membre de la National Assembly, qui avait récemment fustigé l’incapacité des autorités à comprendre et réguler comme il se doit le marché des monnaies numériques.
« Déclarer que le Bitcoin est une “bulle des tulipes” tourne en ridicule les citoyens sud-coréens. Il s’agit d’une condamnation sans fondement de la crypto-monnaie. Le gouvernement devrait plutôt chercher à encourager les marchés des crypto-monnaies s’il ne souhaite pas être laissé de côté », avait-il déclaré.
Les marchés sont optimistes
Au cours d’un entretien accordé à l’agence Yonhap News, l’un des porte-paroles de Bithumb a déclaré que les plateformes d’échange du pays devaient désormais respecter de nouvelles règles, et que ceci leur permettait d’aider les marchés à rester transparents, justes et stables.
Comme l’a rapporté Joseph Young, un expert des crypto-marchés asiatiques, les investisseurs sud-coréens seraient désormais plus optimistes au sujet des prochaines décisions que devrait prendre le gouvernement :
En décembre dernier, Kim Jin-hwa, le coprésident de la plateforme Korbit, s’était exprimé au cours d’une audience gouvernementale. Il avait déclaré que si les autorités prévoyaient de taxer les traders et de réguler plus étroitement ces marchés, elles devaient d’abord veiller à mettre en place un cadre juste pour les parties-prenantes de cet écosystème, qu’il s’agisse des entreprises ou des investisseurs.
Mais même si Séoul n’est pas sur le point d’interdire le trading de crypto-monnaies, cette éventualité ne peut pas, sur le long terme, être écartée.
C’est ce qu’a tenu à préciser Joseph Young, en évoquant le caractère imprédictible des décisions prises par le gouvernement :
« Je l’avoue, il est difficile de rendre compte du marché des crypto-monnaies sud-coréen dans la mesure où le gouvernement est imprédictible. S’il décidait demain d’interdire le trading, après avoir promis qu’il n’y aurait pas d’interdiction, je ne serais pas surpris. »
Références : CCN, Cryptovest