Cela ne fait aucun doute : 2017 fut l’année du Bitcoin. La première monnaie numérique à s’être appuyée sur la technologie blockchain a flambé, en hausse de 1300% sur l’année. Une performance exceptionnelle… que Ripple est toutefois parvenue à égaler en l’espace d’un mois.
2018 sera-t-elle l’année de Ripple ? Entre les critiques adressées par certains investisseurs à l’encontre d’une crypto-monnaie qu’ils jugent trop éloignée de l’idéal décentralisé du Bitcoin et l’optimisme de son CEO, voici un tour d’horizon des perspectives qui s’offrent à XRP.
De 0,24 à 3,02 dollars en l’espace d’un mois – difficile de reprocher quoi que soit à la crypto-monnaie XRP d’un point de vue purement comptable. Depuis le 6 décembre dernier, la monnaie numérique a ainsi enregistré une hausse de près de 1200% :
Et sur l’ensemble de l’année 2017, c’est encore plus vertigineux, puisque Ripple s’est appréciée de plus de 36 000%.
Lors de la rédaction de cet article, la crypto-monnaie semblait en mesure de conserver, à court terme, la place de dauphin qu’elle avait subtilisé il y a quelques jours à Ethereum :
La valeur totale de l’ensemble des XRP était égale à plus de 116 milliards de dolalrs – contre 236 millions de dollars il y a tout juste un an.
Une trop forte centralisation ?
Pour de nombreux observateurs, Ripple se situerait aux antipodes de l’idéal libertaire qui a abouti à la création du Bitcoin – une monnaie qui se veut être décentralisée, et qui puisse permettre à tout un chacun d’avoir accès à des services financiers de base, sans avoir à s’appuyer sur un établissement bancaire.
Alors que l’on ignore toujours l’identité du (des) créateur(s) du Bitcoin, la monnaie numérique XRP est centralisée autour d’une société, basée à San Francisco. Celle-ci détiendrait environ 60% de l’offre disponible de XRP, obtenus dans le cadre de ce que l’on appelle un « pre-mine ».
Min Park, qui se présente comme un « Blockchain Marketing Specialist », a présenté en octobre dernier, dans un article publié sur la plateforme Medium, les différents risques liés à cette forte centralisation :
« Tout d’abord, la société pourrait tenter de revendre ses possessions, provoquant ainsi un “crash” du marché. C’est toutefois très peu probable. Ripple a récemment mis en place des actions visant à promouvoir le marché XRP, et a placé la majorité de ses XRP sous séquestre (celui-ci débloque 1 milliard de XRP tous les mois pendant les prochaines ~4,5 années – on pourrait faire mieux).
Ensuite, dans la mesure où les frais de réseau sont payés en « brûlant » des XRP, ils enrichissent les utilisateurs en proportion du nombre de XRP qu’ils détiennent (si 1% des tokens sont « brulés », les tokens restants valent 1% de plus, si le prix du marché n’évolue pas entre temps). Cela signifie que Ripple Labs empoche 60% des frais de réseau. Ceci ne correspond certainement pas à grand chose actuellement, mais cela pourrait devenir beaucoup plus important à l’avenir.
Enfin, le nombre de XRPs détenus par la société nuisent à sa réputation. De nombreuses personnes dans l’écosystème critiquent Ripple d’emblée, en le qualifiant de « pre-mined ScamCoin », du simple fait du nombre de coins détenus par Ripple ».
Sur Twitter, de nombreux traders critiquent régulièrement XRP – et les partenariats qui ont été récemment annoncés n’ont pas suffi à les convaincre.
Pourtant, la flambée du cours du XRP témoigne d’une forte hausse de la demande pour cette monnaie. On peut ainsi penser qu’une large partie de ces investisseurs ont finalement décidé de se tourner vers Ripple. Ils ne seraient ainsi pas motivés par un quelconque idéal, mais seraient plutôt (et de manière légitime) à la recherche de profit – loin de la vision altruiste que les créateurs du Bitcoin avaient imaginé en proposant un « peer-to-peer electronic cash system ».
On peut facilement les comprendre – il est difficile de rester de marbre face à de telles perspectives :
Des transactions 1000 fois plus rapides et 1000 fois moins coûteuses
« La raison pour laquelle XRP est unique est que, il permet d’effectuer un virement en trois secondes – par conséquent, aucun risque n’est couru en rapport avec la volatilité, alors que le Bitcoin prend plusieurs heures. Nous sommes environ 1000 fois plus rapides que le Bitcoin, et les transactions conduites sur le réseau Ripple sont 1000 fois moins coûteuses. Toute la spéculation qui a prévalu récemment autour de XRP est liée au fait que les individus réalisent que le Bitcoin n’est pas la panacée d’un “tout blockchain” que nous avions pensé qu’il pourrait devenir. »
D’après M. Garlinghouse, plus d’une centaine de banques réparties à travers le monde auraient déjà recours à la blockchain de Ripple. Il a récemment indiqué à CNBC que d’autres devraient suivre :
« Je pense que la vaste majorité des banques, 99,9% des banques, doivent payer d’autres banques, des “expéditeurs d’argent” mondiaux tels que JPMorgan ou Citibank afin d’effectuer ces transactions. De nombreuses banques sont enthousiastes à l’idée qu’il soit possible de démocratiser ces flux de paiement mondiaux. »
Que l’on apprécie ou non la technologie proposée Ripple, le réseau ne peut plus, désormais, être ignoré.
Et la société semble être en train de réussir son pari, qui vise à « disrupter » le secteur des compensations interbancaires grâce à la blockchain.
Même si certains observateurs lui reprochent son caractère centralisé, Ripple tient jusqu’ici ses promesses, en permettant à des établissements financiers de s’émanciper d’un système de transfert de fonds jugé lent et coûteux.
N’hésitez pas à consulter l’article lié à ce tweet, dans lequel la société Ripple nous livre ses prédictions pour 2018 :
Références : Bitcoinist, Medium, NewsBTC, CoinMarketCap