Alors que la plupart des « altcoins » étaient aujourd’hui dans le rouge, le Monero, la deuxième crypto-monnaie anonyme en termes de « capitalisation » derrière le Dash, affichait une nette résistance.
Le Monero relativement stable
Le Monero (XMR) ne semble pas avoir pâti du sentiment baissier qui entoure actuellement les marchés. Lors de la rédaction de cet article, sa valeur était relativement stable depuis plusieurs jours, aussi bien en termes de Bitcoins que de dollars :
Le Monero restait toutefois encore très loin de son record historique, en dollars, atteint le 7 janvier dernier :
On le retrouvait principalement sur le site sud-coréen Bithumb, ainsi que sur la plateforme HitBTC.
L’actif, qui avait commencé à s’échanger en février 2014, avait du patienter deux ans et demie avant de véritablement décoller, et dépasser la barre des 2 dollars.
Beaucoup attribuent la stabilité actuelle du XMR à l’appétence des investisseurs pour les actifs numériques anonymes.
Car les différents gouvernement sont de plus en plus nombreuses à vouloir contrôler l’usage des crypto-monnaies – ce qu’il est techniquement impossible de faire avec un coin véritablement anonyme comme l’est le Monero, dont la blockchain est totalement opaque.
L’actif, de plus en plus utilisé sur les marchés Darknet, fait souvent figure de référence pour les utilisateurs qui sont à la recherche d’un anonymat complet.
Mais quelques observateurs étaient d’un autre avis. Il estimaient que la résistance affichée par le Monero était liée à l’arrivée du « fork » MoneroV, qui se produira le 14 ou le 15 mars prochain :
Celui-ci permettra aux investisseurs de recevoir 10 XMV (MoneroV) pour chaque XMR (Monero) détenu. Mais encore faut-il se demander si ces XMV revêtiront une réelle utilité…
Que penser du fork MoneroV ?
Disons-le tout de suite : ce fork suscite plus de controverses que d’enthousiasme.
Le MoneroV s’appuie, contrairement au Monero, sur une offre de coins limitée. Ses équipes indiquent qu’elles souhaitent offrir une meilleure résistance contre la « ASIC Centralization » – autrement dit, contre le risque selon lequel un petit groupe détenant ces puces performantes pourrait avoir une mainmise sur le réseau.
Pourtant, la blockchain Monero est bien « ASIC Resistant » : le fait d’utiliser des puces ASIC sur ce réseau n’apporte pas d’avantage spécifique par rapport à l’utilisation d’un simple GPU. D’autant plus que, du fait de la prolifération du script de minage CoinHive (souvent à l’insu de ceux qui l’exécutent), Monero s’appuie sans doute sur le réseau de mineurs le plus décentralisé au monde.
Si vous détenez des XMR, nous vous encourageons à les garder précieusement… et à ne pas chercher à profiter de ce fork.
Nous rejoignons le point de vue qui avait récemment été exprimé par certains membres de la communauté, comme @jackieclliu, qui soulignait le fait que les utilisateurs désanonymiseraient ainsi l’ensemble de leurs précédentes transactions :
Ces inquiétudes auraient d’ailleurs été à l’origine de la fermeture du subreddit de MoneroV :
Il convient d’y ajouter la présence d’un « pre-mine », qui va permettre aux équipes de MoneroV de s’attribuer une part des XMV qui seront proposés.
De son côté, @seth_sokoloff estimait que la valeur de ce fork serait nulle, dans la mesure où celui-ci ne pourra pas bénéficier des équipes de développement et de la communauté qui soutiennent le réseau originel :
Un point de vue que ne partageait pas @kadhirvelavan, qui appelait les internautes à « ne pas qualifier MoneroV d’escroquerie avant même que celle-ci ne soit lancée » :
Notez enfin que, dans la mesure où il peut s’agir d’entreprises extrêmement fructueuses, d’autres forks de ce type devraient prochainement arriver. On peut déjà citer Wownero, prévu pour le 14 février, et dont le White Paper n’est toujours pas accessible.
Monero compte bien rester « ASIC-resistant »
Et Monero a évoqué les risques que l’arrivée de telles puces pourraient susciter :
« Par exemple, un gouvernement pourrait contraindre les fabricants de puces ASIC à mettre en place un “coupe-circuit” qui lui permettrait d’éteindre à distance ou de contrôler ces puces. Cette menace pourrait potentiellement détruire l’ensemble du réseau » ;
Pour aider le réseau à faire face à ce qui est perçu comme une menace, les développeurs comptent faire en sorte que le minage du XMR puisse continuer à être accessible au plus grand nombre, en empêchant aux détenteurs de puces ASIC spécialisées de monopoliser cette activité.
- À lire également : « Monero déclare la guerre aux fabricants de puces ASIC »
Ajoutons enfin que, pour protéger le réseau face à l’évolution des menaces auxquelles il pourrait être confronté à l’avenir, les équipes de Monero modifieront régulièrement l’algorithme de hachage sur lequel celui-ci s’appuie.
Référence : Cryptovest, CoinMarketCap