Vendredi, la Banque Populaire de Chine publiait un communiqué pour imposer l’interdiction totale des crypto-transactions dans le pays, provoquant la chute du BTC de l’ensemble des crypto-marchés.
Mais pas de quoi effrayer durablement les investisseurs. Lors de la rédaction de cet article lundi matin, la première cryptomonnaie s’échangeait à un peu plus de 44 000 dollars, en hausse de près de 5% sur les dernières 24 heures. Les achats, majoritairement réalisés par de gros investisseurs, avaient ainsi permis d’annuler près de 80% de la baisse constatée vendredi.
De son côté, l’Ether avait franchi à nouveau le seuil des 3 000 dollars, enregistrant une appréciation de plus de 10% sur la même période.
« Les “whales” ont acheté la “FUD” [peur, incertitude et doute] chinoise, ajoutant 80 000 Bitcoins à leurs gros stocks ».
Si les gros investisseurs ne semblent pas échaudés par l’annonce des autorités chinoises, c’est sans doute parce que l’empire du Milieu n’a fait que réaffirmer une mesure existant depuis 2017.
Et ils ne sont apparemment pas les seuls. Les petits portefeuilles ont également vu ces dernières semaines une augmentation de leur « score d’accumulation » :
« Accumulation de Bitcoin par cohorte.
Ces tons de bleu que nous avons commencé à revoir au cours des dernières semaines ? Oui, l’accumulation s’accroît sur toutes les cohortes.
C’est très haussier si nous voyons cette tendance se poursuivre ».
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Que penser de l’annonce de la banque centrale chinoise ?
Wes Fulford, PDG de la société de conseil en investissement Viridi Funds, juge que le Bitcoin fait désormais preuve d’une meilleure résilience face aux nouvelles venant de Chine. Voici ce qu’il a déclaré dans une note publiée vendredi :
« Nous assistons à la chute des crypto-monnaies. Toutefois, la réaction des marchés est significativement moins importante que celle qui avait prévalu lors des autres annonces d’interdiction. Ils avaient déjà “pricé” le risque que la Chine interdise les crypto-transactions ».
Dans un email adressé à Business Insider, Tim Frost, PDG de la « Yield App », estime lui aussi que cette annonce ne constitue pas une surprise. Alors que la Chine est en train de développer son yuan numérique, il était probable qu’elle décide d’interdire totalement l’usage des cryptomonnaies :
« La Chine a montré ses intentions de manière très claire. Comme tous les régimes autoritaires, elle souhaite imposer un contrôle très strict sur toutes les transactions financières réalisées dans le pays. Par ailleurs, elle ne souhaite pas avoir de concurrence pour sa propre monnaie numérique de banque centrale ».
« Heureusement, de nombreux pays et juridictions accueillent favorablement les cryptomonnaies. Ainsi, même si la perte de l’une des nations les plus peuplées au monde représente un coup dur, la majeure partie de son impact a déjà eu lieu il y a un certain temps ».
Leur point de vue semble partagé par Lark Davis, qui estime que la Chine « a tenté et échoué [pour interdire les cryptomonnaies] depuis 2013 », et que « personne ne peut interdire l’utilisation des cryptos » :
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