Il n’y a pas si longtemps, la Chine était encore le leader incontesté du minage de Bitcoin, captant environ 71% de ce marché.
Mais cette « bulle » semble avoir éclaté en septembre dernier, alors que la Banque populaire de Chine a prononcé l’interdiction des ICOs (des levées de fonds en crypto-monnaie), et qu’elle songerait à rendre illégal le minage de Bitcoin. Ceci n’a pourtant pas empêche la monnaie numérique de s’apprécier de plus de 144% depuis cette annonce.
Pour Pan Gongsheng, le premier sous-gouverneur de l’institution, il n’y aurait de toute façon aucune inquiétude à avoir… puisque le Bitcoin serait sur le point de mourir.
« Nouvel avatar de la longue série de folies spéculatives »
Dans le cadre d’un forum consacré à la finance, qui s’est tenu à Shanghai le week-end dernier, le premier sous-gouverneur de la Banque populaire de Chine, Pan Gongsheng, a évoqué la flambée du cours du Bitcoin. Voici ce qu’il aurait affirmé (notez que cette traduction est approximative) :
Si nous n’avions pas fait fermer les plateformes d’échange de Bitcoin, ni adopté des mesures répressives à l’égard des ICOs il y a plusieurs mois, si la Chine représentait encore plus de 80% des échanges de Bitcoin et des levées de fonds au travers d’ICOs effectués dans le monde , qu’est ce qui serait arrivé ? Le simple fait d’y songer me fait peur.
M. Pichet a ainsi prédit que ce n’était plus qu’une question de temps avant que le Bitcoin ne disparaisse, et que cela pourrait se produire de deux manières :
- par l’arrivée d’une « effraction dans le système de blockchain qui entraînerait une inondation de faux bitcoins, et donc, un effondrement des cours, »
- ou par « une prise de position commune de l’ensemble des États et des banques centrales. » Ils pourraient ainsi conjointement décider « d’interdire ce moyen de paiement au nom de la lutte contre la fraude. »
En concluant son discours, M. Pan a cité M. Pichet, en expliquant :
« Comme nous l’a appris Keynes, “le marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable”. Il ne reste plus qu’une chose à faire : s’asseoir au bord de la rivière pour voir passer, un jour futur, le cadavre du bitcoin.
Si la Chine semble si hostile à l’égard des crypto-monnaies, ce serait en partie liée à la menace d’un « chaos social », qui pourrait survenir si ces marchés s’écroulaient et provoquaient des pertes importantes chez les épargnants.
Car ils sont déjà nombreux, dans le pays, à avoir déjà été victimes des agissements de plateformes d’échange de matières premières, mais également de certains systèmes de prêts de pair à pair, coupables d’avoir fait perdre l’équivalent de plusieurs milliers d’euros aux particuliers chinois.
- À lire également : Quelles seraient les conséquences d’un éclatement de la « bulle Bitcoin » ?
Une interdiction imminente pour l’ensemble des activités liées aux crypto-monnaies ?
Comme nous vous l’indiquions dans cet article, les entreprises de minage chinoises étaient nombreuses à vouloir expatrier leurs activités, par crainte qu’une interdiction ne soit prononcée dans leur pays.
Les plateformes d’échange ont quant à elles été priées de plier bagage. Mais cela ne semble pas avoir refroidi les ardeurs des épargnants, qui sont nombreux à s’être tournés vers des plateformes d’échange de monnaie numérique de pair à pair, comme Localbitcoins, édité par une société basée en Finlande :
Pour certains observateurs, la Chine pourrait prochainement prononcer une interdiction sur l’ensemble des activités liées aux crypto-monnaies. Ou peut-être que les autorités vont préférer attendre que le Bitcoin disparaisse de lui-même…
Références : Bitcoinist, Quartz, La Tribune, Coin.dance