Alors qu’un sentiment de crainte semble s’être emparé des crypto-marchés, de nombreux analystes restent optimistes. Ils s’attendent à des prix relativement stables pour le Bitcoin au cours des prochaines semaines, avant une potentielle flambée à partir du premier trimestre 2022.
Le Bitcoin débute une nouvelle semaine, alors que les traders se remettent tout juste de la chute vertigineuse enregistrée il y a quelques jours. La monnaie numérique développée par Satoshi Nakamoto avait ainsi atteint un plus bas samedi matin, à 41 967 dollars, sur la plateforme Bitstamp.
Pour l’analyste « on-chain » Will Clemente, cette chute était liée à une « cascade de liquidations » sur les marchés de crypto-produits dérivés :
Lors de la rédaction de cet article, la première cryptomonnaie avait depuis retrouvé quelques couleurs, s’échangeant à 47 650 dollars.
Plusieurs analystes partageaient l’avis suivant : la flambée du Bitcoin, à laquelle ils s’attendaient toujours, ne devrait pas intervenir avant la fin de l’année.
Mais que pourrait-il se passer au cours des prochaines semaines ? Voici, selon le site Cointelegraph, plusieurs éléments clés à surveiller pour le BTC.
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Bitcoin : une flambée début 2022 ?
Après s’être approché des 50 000 dollars ce week-end, la paire BTC/USD était, lors de la rédaction de cet article, repassée à nouveau sous les 48 000 dollars – en baisse de 17% sur une semaine.
Vendredi, en plongeant sous le seuil des 42 000 dollars, le BTC avait chuté de 39% depuis son record historique de près de 69 000 dollars.
La devise numérique était-elle entrée dans une période « bear market » ? Ce n’est pas ce que pensait l’analyste « TechDev ». Dimanche, il faisait remarquer que l’indicateur Relative Strenght Index (RSI) n’était pas repassé sous un niveau « plancher », comme ce fut le cas à la fin des « bulls runs » de 2013 et de 2017 :
Un point de vue partagé par « CryptoBirb », pour qui le BTC n’avait pas encore atteint son pic au cours du cycle actuel :
Dimanche soir, TechDev espérait une clôture journalière au-dessus des 47 000 dollars :
Alors que l’heure n’était apparemment plus aux prédictions de prix pour la fin de l’année, l’attention se focalisait désormais sur le début de l’année 2022.
« Mon scénario de base, c’est que nous allons observer une consolidation jusqu’à la fin de l’année, connaître un régime de taux de financement/premiums contrasté-négatif, avant un premier trimestre 2022 haussier », a prédit Will Clemente dans la nuit de dimanche à lundi sur Twitter.
Selon l’analyste, « les dynamiques d’offre “on-chain” restent haussières ».
Rekt Capital prévoyait également une période de « consolidation », « similaire à celle de mai 2021 » :
Il conviendra sans doute de garder un œil sur les marchés de crypto-produits dérivés, alors que la cascade de « liquidations » enregistrée vendredi était la plus importante de 2021 après celle du 19 mai :
Ces évènements avaient eu le mérite de « réinitialiser » le niveau des positions ouvertes des contrats à terme sur le Bitcoin, revenus à des niveaux similaires à ceux de septembre.
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L’inflation inquiète les marchés
Alors que la plupart des indices boursiers sont dans le rouge, de nouvelles données sur l’inflation pourraient provoquer de nouvelles craintes sur les marchés.
Les chiffres de l’indice des prix à la consommation américains (CPI) de novembre pourraient dépasser ceux d’octobre, qui avaient déjà atteint une croissance annuelle record de 6,2%.
Pour la spécialiste Lyn Alden, l’inflation pourrait ainsi grimper à 6,7% sur un an :
Le sujet a été au centre de l’attention la semaine dernière. Jerome Powell, directeur de la Réserve Fédérale américaine, avait confié que le terme « transitoire », jusqu’ici utilisé, n’était plus pertinent pour qualifier l’inflation :
Des déclarations qui avaient provoqué la dépréciation du Bitcoin, entraîné dans la chute des marchés financiers « traditionnels ». La première cryptomonnaie est pourtant perçue par de nombreux investisseurs comme l’une des meilleures réserves de valeur au monde – alors que plusieurs observateurs estiment que le CPI ne reflète pas fidèlement l’augmentation réelle des prix :
« Tout le monde souffre d’une inflation à deux chiffres, si celle-ci est mesurée correctement. Chacun a besoin du Bitcoin bien plus qu’il ne le réalise », avait averti fin novembre Michael Saylor, PDG de MicroStrategy.
Le dirigeant estime que le mode de calcul utilisé pour déterminer le CPI en fait un « indicateur trompeur ».
Dans le même temps, le recours à la planche à billet par les banques centrales, notamment par la Réserve Fédérale, avait attiré les foudres de Nayib Bukele, président du Salvador :
« Pourriez-vous cesser d’imprimer encore plus d’argent ? », a‑t-il tancé en commentant les dernières déclarations de Jerome Powell.
« Vous êtes en train d’empirer la situation ».
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Une « version miniature » du krach du mars 2020
Alors que seulement quelques mois se sont écoulés depuis la flambée des prix en septembre, le krach de la semaine dernière semble montrer certaines similitudes avec les évènements de mars 2020.
Comme aujourd’hui, les nouvelles liées au Covid-19 formaient un contexte d’instabilité. La paire BTC/USD avait à l’époque chuté de 60% en l’espace d’une seule semaine.
Mais les craintes ne semblent, cette fois-ci, pas aussi importantes. Pour certains observateurs, la récente chute du BTC pourrait s’apparenter à une « version miniature » de celle de mars 2020 :
Une différence clé tient sans doute dans la composition du marché : il y a 18 mois, les traders usant de l’effet de levier étaient beaucoup moins nombreux, et leur influence sur les marchés « spot » étaient bien plus faible.
« La chute du Bitcoin N’A PAS été suscitée par le sentiment [des crypto-marchés », a analysé Danny Scott, PDG de la plateforme d’échange CoinCorner, dans un tweet publié samedi.
« Elle a été provoquée par des “joueurs” ayant recours à de l’effet de levier et ayant subi des “liquidations”. Le sentiment est toujours très haussier ».
Dans le même temps, le « Crypto Fear & Greed Index » – qui traduit l’humeur du marché en s’appuyant sur divers indicateurs (évolution des cours, volatilité, volumes, sondages,…) – avait atteint son score le plus bas depuis juillet.
À seulement 16/100, il reflétait un sentiment de « peur extrême » sur les crypto-marchés :
« La peur n’a pas été aussi intense depuis le krach du mois de mai », a commenté Michäel van de Poppe :
Mais pas de quoi l’inquiéter :
« Le sentiment est litéralement comparable à celui de funérailles. Ça me plaît ».
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Un taux de hachage proche de son niveau record
Malgré la chute des cours, les fondamentaux du réseau semblaient toujours solides. On retrouve parmi ceux-ci le taux de hachage – c’est-à-dire la puissance de calcul allouée par les mineurs –, qui était proche de son record historique.
La moyenne sur 7 jours fournie par Blockchain.com s’élevait à près de 164 EH/s – soit seulement 17 EH/s de moins que le record de mai, enregistré juste avant le tour de vis réglementaire imposé par les autorités chinoises.
Selon BTC.com, la difficulté de minage du réseau – qui s’adapte environ toutes les deux semaines aux évolutions du taux de hachage – devrait prochainement augmenter d’environ 1,58%. Le 28 novembre, cette métrique avait diminué pour la première fois depuis 5 mois, enregistrant toutefois une baisse de seulement 1,49%.
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