Aspect Légal Blanchiment d'argent

Des criminels du Dark Web utilisent un outil pour analyser la « propreté » de leurs Bitcoins

Cybercriminel

L’ou­til Anti­na­ly­sis per­met aux cri­mi­nels de mesu­rer leur niveau de risque lors­qu’ils sou­haitent encais­ser des BTCs obte­nus via des acti­vi­tés illicites.

Antinalysis, pour étudier la provenance des BTCs

AntinalysisUn outil dis­po­nible sur le Dark Web per­met aux cri­mi­nels de s’as­su­rer de la « pro­pre­té » de leurs Bit­coins.

Ce logi­ciel, bap­ti­sé Anti­na­ly­sis, semble avoir été déve­lop­pé par l’ad­mi­nis­tra­teur d’un mar­ché Dark­net pour offrir aux ven­deurs la pos­si­bi­li­té de blan­chir leurs Bit­coins. C’est en tout cas ce qu’in­dique une étude réa­li­sée par Tom Robin­son, cofon­da­teur de la socié­té d’in­ves­ti­ga­tion blo­ck­chain Ellip­tic, basée à Londres.

En liant un wal­let à Anti­na­ly­sis, l’ou­til per­met de connaître la pro­ve­nance des BTCs qu’il contient et le niveau de risque asso­cié à ces actifs.

Les Bit­coins obte­nus sur des mar­chés dark­net, via du « ran­som­ware » ou du vol, sont consi­dé­rés comme consti­tuant un « risque extrême ». À l’in­verse, les BTCs issus de pla­te­formes d’é­change ou fraî­che­ment minés repré­sentent des actifs « sans risque ».

D’a­près M. Robin­son, les cri­mi­nels peuvent ain­si ten­ter de savoir si leurs Bit­coins risquent d’être blo­qués par les pla­te­formes d’échange.

Anti­na­ly­sis fonc­tionne sur Tor, un navi­ga­teur web décen­tra­li­sé et ano­nyme qui per­met d’ac­cé­der au Dark Web. Les cri­mi­nels doivent débour­ser envi­ron 3 dol­lars pour géné­rer une ana­lyse de leur portefeuille.

Tou­te­fois, après avoir tes­té l’ou­til, Ellip­tic estime qu’il est peu effi­cace pour détec­ter des liens avec les prin­ci­paux mar­chés du Dark Web.

« Ce n’est peut-être pas sur­pre­nant. La pro­duc­tion d’a­na­lyses blo­ck­chain pré­cises néces­site des inves­tis­se­ments impor­tants dans la tech­no­lo­gie et de la col­lecte de don­nées, sur de longues périodes de temps », estime M. Robinson.

Un clone de l’AMLBot

Mais Anti­na­ly­sis n’a rien de nouveau.

Une autre ana­lyse de cet outil, réa­li­sée par l’ex­pert en sécu­ri­té Brian Krebs, montre qu’il ne s’a­git que d’un clone d’AML­Bot, un logi­ciel des­ti­né à lut­ter contre le blan­chi­ment d’argent appa­ru en 2019.

AMLBot

M. Robi­son pense que le créa­teur d’An­ti­na­ly­sis n’est autre que l’un des déve­lop­peurs d’In­co­gni­to Mar­ket, une place de mar­ché du Dark Web spé­cia­li­sée dans la vente de pro­duits stu­pé­fiants. Lan­cé fin 2020, Inco­gni­to Mar­ket accepte les paie­ments en Bit­coin et en Monero.

Réfé­rence : Decrypt

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