Aspect Légal Piratage

Après avoir dérobé l’équivalent de 530 millions de dollars, les pirates de Coincheck tentent de blanchir leurs XEM

Pirate informatique

Les pirates qui avaient déro­bé la semaine der­nière l’é­qui­valent de 530 mil­lions de dol­lars sur la pla­te­forme japo­naise Coin­check ont com­men­cé à trans­fé­rer leurs XEM vers plu­sieurs por­te­feuilles. Mais il vont sans doute devoir redou­bler d’in­gé­nio­si­té pour par­ve­nir à les échan­ger contre d’autres actifs.

Des transferts vers d’autres portefeuilles NEM

Comme le montre la blo­ck­chain du réseau NEM, les pirates ont com­men­cé à hier à pro­cé­der à plu­sieurs trans­ferts à par­tir de leur por­te­feuille, et ce vers de nom­breuses adresses : chaque tran­sac­tion com­por­tait 100 XEM, soit envi­ron 75 dollars.

Transfert de fonds NEM par le pirate de Coincheck

S’il s’a­git de sommes modestes au regard d’un butin qui s’é­lève à 500 mil­lions de XEM, ces trans­ferts semblent indi­quer que les pirates auraient com­men­cé à cher­cher à écou­ler les sommes déro­bées.

C’est en tout cas l’a­vis de Tom Robin­son, le co-fon­da­teur d’Ellip­tic, une socié­té lon­do­nienne spé­cia­liste des ques­tions de sécu­ri­té autour des crypto-monnaies :

« Lorsque des per­sonnes tentent de blan­chir des fonds de ce type, elles vont avoir ten­dance à les répar­tir à tra­vers de petits tran­sac­tions. Ces der­nières sont moins sus­cep­tibles de déclen­cher les méca­nismes anti-blan­chi­ment d’argent des pla­te­formes d’échange ».

Une fortune dont il va être difficile de profiter

nem (xem) logoDésor­mais à la tête d’une véri­table for­tune, les pirates risquent de ren­con­trer de sévères dif­fu­cl­tés pour blan­chir ces fonds, en les conver­tis­sant dans d’autres mon­naies sans que leur iden­ti­té ne soit révélée.

Pour l’ins­tant, ils semblent vou­loir prendre leur temps.

Car en cher­chant à revendre, en une seule fois, un nombre consi­dé­rable de coins, ils ris­que­raient d’exer­cer une pres­sion à la baisse sur le prix du XEM. Mais ce n’est peut-être pas le plus grave : ils pour­raient déclen­cher les sys­tèmes d’a­lerte des pla­te­formes d’é­change, qui devraient vrai­sem­bla­ble­ment geler les fonds concer­nés et contac­ter les autorités.

La Fon­da­tion NEM, qui avait déci­dé de « tag­ger » ces fonds afin d’empêcher qu’ils ne puissent être ven­dus ou blan­chis, a confir­mé la ten­ta­tive des hackers :

« Les pirates tentent de dépen­ser les fonds à tra­vers plu­sieurs pla­te­formes d’é­change. Nous sommes en train de contac­ter celles-ci », avait décla­ré Jeff McDo­nald, le vice-pré­sident de la NEM Foun­da­tion. « Je pré­sume qu’ils vont cher­cher à obte­nir de l’argent en échange de leurs actifs », avait-il ajouté.

On peut vrai­sem­bla­ble­ment ima­gi­ner que les pirates se sont ser­vis de ces trans­ferts dans le but de mener des « tests » – et de voir si cer­taines pla­te­formes pour­raient éven­tuel­le­ment accep­ter de prendre en charge leurs XEM, sans geler leur compte de manière auto­ma­tique.

S’ils y par­ve­naient, on connait la suite : les pirates pour­raient d’a­bord échan­ger une par­tie de leurs XEM contre des BTC, des KRW ou des JPY, avant de se tour­ner vers une mon­naie ano­nyme telle que le Mone­ro.

Monero

Il serait alors impos­sible de remon­ter leur trace à par­tir de leur por­te­feuille Mone­ro – et ils n’au­raient plus qu’à pro­cé­der à un nou­vel échange, en créant un nou­veau compte sur une pla­te­forme qui leur per­met­trait de conver­tir leurs XMR contre des Bit­coins, des Ethers ou même des dollars.

Mais la tâche risque d’être com­pli­quée. En effet, on ne comp­tait, lors de la rédac­tion de cet article, qu’une poi­gnée de pla­te­formes qui voyaient pas­ser chaque jour l’é­qui­valent de plu­sieurs mil­lions de dol­lars d’é­change de XEM :

Plateformes d'échange XEM

Car même en sup­po­sant que le sys­tème d’a­lerte de l’une de ces pla­te­formes soit défaillant, les pirates ne pour­raient vrai­sem­bla­ble­ment y écou­ler qu’un nombre limi­té de XEM. Et au-delà des pla­te­formes d’é­change, on peut pen­ser que peu d’in­ves­tis­seurs se pres­se­ront pour leur rache­ter des coins liti­gieux, qui sont désor­mais mar­qués au fer rouge.

C’est du moins ce que l’on peut espé­rer. Car s’ils par­ve­naient à revendre ne serait-ce qu’une infime par­tie de leur butin, on pour­rait mal­heu­reu­se­ment pen­ser qu’ils ont réus­si leur coup.

Réfé­rences : CCN, Our­Nem, Reu­ters

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