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Gouverneur de la Banque d’Angleterre : le Bitcoin « a échoué » à s’imposer en tant que monnaie

Mark Car­ney, le gou­ver­neur de la Banque d’Angleterre, a récem­ment décla­ré que le Bit­coin avait, jus­qu’i­ci, « échoué » – et qu’il ne pou­vait être consi­dé­ré comme une mon­naie. Pour jus­ti­fier cette affir­ma­tion, il a indi­qué que le BTC ne per­met­tait pas, selon lui, de faire office de réserve de valeur ou de moyen d’échange.

Le Bitcoin « a échoué »

Dans le cadre d’une confé­rence qui s’est tenue au sein de la Regent’s Uni­ver­si­ty de Londres, le ban­quier cen­tral a décla­ré à des étu­diants que le Bit­coin ne pou­vait pas être consi­dé­ré comme une véri­table mon­naie, et ce pour deux rai­sons.

Voi­ci ses pro­pos tels qu’ils ont été rap­por­tés par Busi­ness Insi­der :

« Il sem­ble­rait qu’il ait échoué […] sur les aspects tra­di­tion­nels d’une mon­naie. Il ne s’a­git pas d’une réserve de valeur puis­qu’il “part dans tous les sens”. Et per­sonne ne l’u­ti­lise comme un moyen d’échange ».

Per­sonne, vrai­ment ? Même s’il est vrai qu’il est loin d’être pos­sible de dépen­ser ses Bit­coins auprès de tous les com­mer­çants, plu­sieurs mil­liers de sites mar­chands acceptent désor­mais les paie­ments dans cette cryp­to-mon­naie Over­stockMicro­soft, Dell,…

Mais il est vrai que, ces der­nières semaines, plu­sieurs socié­tés ont fait par­ler d’elles en aban­don­nant l’ac­tif numé­rique.

Ain­si, le pres­ta­taire de ser­vices de paie­ment Stripe a récem­ment déci­dé de se détour­ner du Bit­coin, en indi­quant que les rai­sons qui le pous­saient à accep­ter les paie­ment en BTC étaient « de moins en moins nom­breuses ». Stripe avait emboî­té le pas à la pla­te­forme Steam, qui avait jus­ti­fié sa déci­sion en évo­quant les frais et la vola­ti­li­té asso­ciés au Bitcoin.

On peut pen­ser que l’ar­ri­vée de solu­tions de « sca­la­bi­li­té » – telles que Seg­Wit, le Light­ning Net­work ou encore les signa­tures de Schnorr – pour­ront bien­tôt les inci­ter à reve­nir sur leur déci­sion, tout en pous­sant de nou­veaux com­mer­çants à prendre en charge le Bitcoin.

D’au­tant que les frais qui étaient évo­qués par Steam ont, depuis, net­te­ment dimi­nué : lors de la rédac­tion de cet article, ils étaient com­pris entre 0,58 et 3,18 dol­lars par tran­sac­tion, contre un record à plus de 35 dol­lars enre­gis­tré fin 2017.

Un actif volatil… mais qui constitue pour certains une monnaie refuge

Et que pen­ser de la vola­ti­li­té du Bit­coin ? Car pour faire office de réserve de valeur, une mon­naie doit per­mettre de trans­fé­rer du pou­voir d’a­chat du pré­sent vers le futur.

Il est vrai que les varia­tions du cours du BTC peuvent être très impor­tantes, à la hausse comme à la baisse.

L’ac­tif numé­rique avait ain­si enre­gis­tré une hausse de plus 1400% sur l’an­née 2017. Plus récem­ment, il avait per­du jus­qu’à 65% de sa valeur par rap­port à son record his­to­rique à 20 000 dollars.

Il s’a­git tou­te­fois jus­qu’i­ci, sur le long terme, d’un choix judi­cieux pour la plu­part des indi­vi­dus qui ont déci­dé d’y pla­cer une par­tie de leur patrimoine.

On peut prendre ain­si l’exemple des inves­tis­seurs qui se sont tour­nés vers cet actif au début de l’an­née 2017, lors­qu’il s’é­chan­geait à moins de 1000 dol­lars – des inves­tis­seurs qui ne regrettent sans doute pas un seul ins­tant de s’être tour­nés vers cet actif.

On constate par ailleurs que, dans cer­taines régions, de nom­breux indi­vi­dus font davan­tage confiance au Bit­coin qu’à la mon­naie natio­nale pour endos­ser un rôle de réserve de valeur. C’est par exemple le cas au Vene­zue­la ou au Zim­babwe, des pays mar­qués par une infla­tion galo­pante, et au sein des­quels de nom­breuses familles ont déci­dé de s’of­frir du BTC.

Notons enfin que de nom­breux obser­va­teurs estiment que la vola­ti­li­té du Bit­coin devrait se réduire dans les pro­chaines années – une baisse qui pour­rait être encou­ra­gée par la liqui­di­té accrue qui pour­rait pré­va­loir sur ce marché.

Les banques centrales fustigent le Bitcoin

Les décla­ra­tions de M. Car­ney ne sont pas très surprenantes.

Son point de vue est proche de celui de la majo­ri­té des autres ban­quiers cen­traux et des figures de Wall Street, qui fus­tigent depuis plu­sieurs mois les crypto-monnaies.

Jens Weid­mann, le pré­sident de la Bun­des­bank, avait ain­si récem­ment affir­mé que le Bit­coin ne pour­rait jamais rem­pla­cer les mon­naies fidu­ciaires :

« Pour pou­voir pro­fi­ter d’un sys­tème moné­taire et finan­cier stable, nous n’a­vons pas besoin de cryp­to-tokens. Nous devons nous appuyer sur des banques cen­trales dédiées à la sta­bi­li­té des prix et à une régu­la­tion ban­caire effi­cace – et nous dis­po­sons des deux dans la zone euro ».

Et l’on se sou­vient des décla­ra­tions de Fran­çois Vil­le­roy de Gal­hau, le gou­ver­neur de la Banque de France, qui avait affir­mé en décembre der­nier que le Bit­coin n’é­tait « pas une mon­naie, ni même une cryp­to-mon­naie ».

Il y a quelques jours, Yves Mersch, l’un des membres du Conseil des gou­ver­neurs de la BCE, avait décla­ré que les cryp­to-mon­naies « ne [consti­tuaient] pas de l’argent ». De son côté, Agus­tin Cars­tens, le direc­teur géné­ral de la Banque des règle­ments inter­na­tio­naux, s’en était vio­lem­ment pris au Bit­coin en affir­mant qu’il s’a­gis­sait « d’une bulle, d’un pon­zi, et d’un désastre envi­ron­ne­men­tal ».

Un point de vue que ne par­tage pas l’in­ves­tis­seur Tim Dra­per, qui est per­sua­dé que nous n’u­ti­li­se­rons plus de mon­naies fidu­ciaires d’i­ci 5 ans.

Réfé­rences : CCNWashing­ton Post

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