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Le cloud décentralisé grâce à la Blockchain : le futur de l’hébergement ? (Filecoin, Maidsafe, Storj et Siacoin)

L'hébergement cloud décentralisé grâce à la Blockchain

Vous avez pro­ba­ble­ment enten­du par­ler du récent hack de la pla­te­forme Equi­fax, une socié­té char­gée d’é­va­luer la sol­va­bi­li­té finan­cière des par­ti­cu­liers. Ce pira­tage a mis en péril la confi­den­tia­li­té des don­nées de plus de 143 mil­lions d’entre eux – les hackers sont notam­ment par­ve­nus à obte­nir leur numé­ro de sécu­ri­té sociale, leur date de nais­sance, mais aus­si leurs numé­ros de cartes de crédit.

Equi­fax n’est pas la seule entre­prise a avoir subi de telles attaques cette année : des socié­tés comme Xbox, Chi­potle ou encore Veri­zon ont elles aus­si été vic­times de piratages.

Pas très ras­su­rant… Le pro­blème est le sui­vant : le fait de confier des don­nées à une socié­té, qui va les héber­ger dans un lieu bien pré­cis, implique de nom­breux risques.

On peut citer la faille de la socié­té de télé­pho­nie Veri­zon, qui en est sans doute l’exemple le plus mar­quant. Ici, le pres­ta­taire se nomme Nice Sys­tems, une socié­té israe­lienne qui jouit d’une excellent répu­ta­tion, et qui pro­pose ses ser­vices à plus de 25 000 clients à tra­vers le monde.

Mais cela ne l’a pas empê­chée d’être inca­pable de pré­ve­nir une brèche – les pirates ont pu mener leur attaque avec suc­cès, et on récu­pé­rer diverses infor­ma­tions concer­nant les clients de Veri­zon : nom, numé­ro de télé­phone, code PIN asso­cié au compte,… Ils ont ain­si pu prendre le contrôle du télé­phone de leurs vic­times, mais éga­le­ment accé­der à leur compte de réseaux sociaux ain­si qu’à leur compte e‑mail.

Le pro­blème du sto­ckage cen­tra­li­sé ? C’est ce que l’on appelle le « point unique de défaillance » (« single point of fai­lure en anglais ») – qui se trouve ici être le lieu où les don­nées sont stockées.

Et au-delà des pro­blèmes de pira­tage, on peut éga­le­ment s’in­quié­ter de la main­mise des GAFA concer­nant nos don­nées.

Cette pro­blé­ma­tique risque de croître dans les pro­chaines années. En effet, nous allons dif­fu­ser en 2017 plus de don­nées que pen­dant l’en­semble des années pré­cé­dentes.

La don­née fait désor­mais par­tie inté­grante de nos vies quo­ti­diennes : qu’elle cor­res­ponde au cal­cul par notre smart­phone du nombre de pas que nous avons effec­tués, ou de l’or­di­na­teur de notre voi­ture qui va nous inci­ter à effec­tuer une répa­ra­tion en fonc­tion de diverses infor­ma­tions four­nies par des capteurs.

Une voi­ture auto­nome peut géné­rer jus­qu’à 1 giga­oc­tet de don­nées par seconde – ceci cor­res­pond, après 3 minutes, a plus de 256 GBs – soit plus de don­nées que ne peut en sto­cker un iPhone.

Des quan­ti­tés consi­dé­rables de don­nées… qu’il va fal­loir son­ger à sto­cker. Et pour le moment, quelques acteurs trustent le mar­ché de l’hé­ber­ge­ment « cloud », sont AWS (S3), Drop­box, Google Drive, IBm et Micro­soft Azure.

Mais grâce à la tech­no­lo­gie Blo­ck­chain, ils risquent d’être bien­tôt des mil­liers à pro­po­ser leurs ser­vices de sto­ckage.

Le cloud décentralisé, pour permettre à n’importe qui de « louer » ses gigaoctets

L’i­dée est la sui­vante : de nom­breux inter­nautes n’u­ti­lisent pas tout l’es­pace de sto­ckage de leur ordi­na­teur. Pour­quoi ne pas pro­po­ser à la loca­tion cet espace, et ce à tra­vers le monde, afin de leur per­mettre de géné­rer un reve­nu pas­sif ?

Hébergement cloud décentralisé
L’u­ni­fi­ca­tion d’une mul­ti­tude d’es­pace de sto­ckages à tra­vers le monde

Alors que l’é­co­no­mie du par­tage devrait connaître une crois­sance annuelle de 35%  pen­dant les pro­chaines années, nul doute qu’un tel modèle pour­ra séduire de nom­breux par­ti­cu­liers dési­reux de ren­ta­bi­li­ser leur machine.

Le prix sera plus « juste », puis­qu’il serait fixé par la loi de l’offre et de la demande – et non pas arbi­trai­re­ment, par une socié­té privée.

Et la don­née pour­rait être sto­ckée de manière redon­dante – un même fichier se trou­vant à la fois sur plu­sieurs disques durs – ce qui pour­rait per­mettre de pré­ve­nir effi­ca­ce­ment d’é­ven­tuelles pertes de don­nées.

La sécu­ri­té et l’a­no­ny­mat des fichiers seront éga­le­ment mieux assu­rés. Même si un nœud du réseau ten­tait d’ac­cé­der à un fichier qui ne lui appar­tient pas, celui-ci serait chif­fré avec une clé que seul son déten­teur pos­sède. Les fichiers seraient par ailleurs scin­dés en plu­sieurs petits fichiers, et dif­fu­sés au sein de dif­fé­rents espaces de sto­ckage. Ain­si, même si l’un des héber­geurs par­ve­nait à déchif­frer un mor­ceau de fichier qu’il stocke, il ne pour­rait pas exploi­ter les don­nées ain­si récupérées.

Un autre avan­tage de l’hé­ber­ge­ment décen­tra­li­sé : la pos­si­bi­li­té d’of­frir une grande proxi­mi­té avec le ser­veur. Vous pou­vez ain­si rapi­de­ment avoir accès aux don­nées – qu’il s’a­gisse d’un site inter­net que vous sou­hai­tez visi­ter, ou de fichier que vous aime­riez pou­voir récupérer.

Un fan­tasme de geek, l’hé­ber­ge­ment décen­tra­li­sé ? Détrom­pez-vous ! Il existe aujourd’­hui déjà quatre pla­te­formes de sto­ckage décen­tra­li­sé grâce à la Blo­ck­chain (dont 3 qui sont fonc­tion­nelles): File­coin, Maid­Safe, Sia­coin et Storj.

Filecoin

File­coin a sus­ci­té beau­coup d’en­thou­siasme de la part des inves­tis­seurs en août der­nier. La socié­té a pu, dans le cadre de son ICO, lever 257 mil­lions d’eu­ros – consti­tuant ain­si le mon­tant le plus impor­tant jamais levé dans le cadre d’une ICO.

Filecoin fonctionnement de l'hébergement

La socié­té prend la pro­blé­ma­tique de la sécu­ri­té très au sérieux, et pro­pose des tech­no­lo­gies comme la « proof-of-repli­ca­tion » ou la « proof-of-spacetime »

File­coin fait par­tie de la socié­té Pro­to­col Labs, qui édite éga­le­ment le pro­to­cole IPFS, qui peut lui être asso­cié. Ce pro­to­cole vise à pro­po­ser une alter­na­tive à l’HTTP (Hyper Text Trans­fer Pro­to­col) uti­li­sé actuel­le­ment par les sites internet.

Vous pou­vez accé­der au White Paper de File­coin (en anglais) en cli­quant sur ce lien.

Par­mi les 4 pro­jets d’hé­ber­ge­ment décen­tra­li­sé qui existent, File­coin est tou­te­fois le seul à ne pas pou­voir pour l’ins­tant pro­po­ser un pro­duit fonc­tion­nel. Inté­res­sons-nous donc à ses concurrents.

MaidSafe

Maid­Safe est l’a­cro­nyme de « Mas­sive Array of Inter­net Disks – Secure Access For Everyone ».

L’ob­jec­tif de la socié­té consiste à pro­po­ser le prin­ci­pal réseau de don­nées auto­nome, au tra­vers de solu­tions blo­ck­chain. Celles-ci vont héber­ger l’i­den­ti­fi­ca­teur d’un fichier (par exemple son hash) sur la blo­ck­chain Maid­safe, tout en héber­geant ce fichier sur le disque dur d’un par­ti­ci­pant au réseau.

Le PDG de Maid­Safe explique que son logi­ciel s’ap­puie sur un « réseau auto­nome », appe­lé SAFE.

Cela signi­fie qu’il ne néces­site aucune inter­ven­tion humaine, aucune fixa­tion de prix par un humain, pas de modi­fi­ca­tions de don­nées sur un disque dur […] – il suf­fit de lan­cer un pro­gramme infor­ma­tique spé­cia­li­sé. Le réseau fixe lui-même les prix, les récom­penses, la manière de sécu­ri­ser les don­nées, et se charge de réa­li­ser les com­mu­ni­ca­tions entre les noeuds et les dif­fé­rents calculs.

Maid­Safe s’ap­puie sur un algo­rithme pro­prié­taire nom­mé « Proof of Res­source ». Avec celui-ci, le réseau peut lui-même déci­der de la répar­ti­tion des fichiers en s’ap­puyant sur quatre cri­tères concer­nant l’or­di­na­teur du « far­mer » : la vitesse du CPU, le débit inter­net, l’es­pace disque et le temps moyen pas­sé en ligne.

Le farmeur/mineur qui par­ti­cipe au réseau sait qu’il stocke des don­nées, et que celles-ci sont sto­ckées de manière cor­recte – mais ne peut y avoir accès :

Le fonctionnement du "proof of resource"de MaidSafeCoin

Les nœuds du réseau qui ne seraient pas jugées dignes de confiance, ou qui cher­che­raient à duper la machine, se ver­raient immé­dia­te­ment rétro­gra­dés par le réseau.

Enfin, on peut éga­le­ment citer la mise en place du Pro­ject Deco­rum par la même socié­té, un pro­jet qui vise à héber­ger un réseau social sur le réseau SAFE.

Storj

Pré­cé­dem­ment connu sous le nom de Stor­j­coin X(SJCX), Storj est un pro­jet par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant, qui pro­pose une tari­fi­ca­tion fixe :

Prix solution storj

Il est ain­si pos­sible de béné­fi­cier de 35% de réduc­tion par rap­port Ama­zon Web Ser­vices, et 50% de réduc­tion par rap­port aux ser­vices pro­po­sés par Micro­soft Azure :

Storj hébergement décentralisé comparatif

Le réseau per­met éga­le­ment de pro­po­ser son disque dur à la loca­tion, en seule­ment quelques clics :

Gagner de l'argent en louant son disque dur avec Storj

Il suf­fit pour cela de télé­char­ger une simple appli­ca­tion, et déci­der de l’es­pace disque que l’on sou­haite louer à d’autres internautes

Storj a récem­ment noué un par­te­na­riat avec File­zilla, un client FTP – un par­te­na­riat qui devrait l’ai­der à accroître rapi­de­ment sa notoriété.

Un partenariat entre Storj et FileZilla

Actuel­le­ment en phase de test, il pour­ra pro­chai­ne­ment per­mettre aux 15 mil­lions d’u­ti­li­sa­teurs men­suels de File­Zilla de sto­cker faci­le­ment leurs fichiers sur le réseau Storj.

Mais atten­tion : la cryp­to-mon­naie Storj n’est pas obli­ga­toire pour les uti­li­sa­teurs de File­zilla qui sou­haitent pro­fi­ter d’un héber­ge­ment décen­tra­li­sé. Il est par ailleurs pos­sible de béné­fi­cier de 25 Go gra­tuits pen­dant les 12 pre­miers mois. Ceci pour­rait venir gran­de­ment limi­ter le poten­tiel d’ap­pré­cia­tion de cette devise virtuelle.

Enfin, il convient de noter que Storj a récem­ment noué un autre par­te­na­riat, cette fois avec CapLin­ked, une socié­té spé­cia­li­sé dans l’hé­ber­ge­ment de fichiers pour les entreprises.

SiaCoin

Présentation de Siacoin

Sia­coin vise a deve­nir « la colonne ver­té­brale de l’hé­ber­ge­ment ». Son déve­lop­pe­ment fut ini­tié durant le Hack­MIT 2013, avec l’i­dée selon laquelle il pou­vait être pos­sible de créer un mar­ché mon­dial de l’es­pace disque inuti­li­sé.

Le logi­ciel per­met de béné­fi­cier d’une confi­den­tia­li­té totale des don­nées – celles-ci sont scin­dées, chif­frées, puis dis­tri­buées vers dif­fé­rents nœuds. Ces der­niers vont sto­cker ces don­nées à l’aide d’une clé cryp­to­gra­phique, qui leur per­met­tra ensuite de déchif­frer leurs fichiers. Per­sonne d’autre – ni la socié­té, ni les « far­mers » – ne pour­ra avoir accès à ceux-ci.

Le site de Sia­coin (qui est dis­po­nible en fran­çais) pré­sente la tari­fi­ca­tion du ser­vice de manière claire, et per­met de la com­pa­rer faci­le­ment avec celle des prin­ci­pales offres concurrentes :

Calcul des économies réalisées avec un hébergement décentralisé comme Siacoin

Pour pou­voir héber­ger des don­nées, il faut néces­sai­re­ment pos­sé­der des Sia­coins – ce qui vient don­ner une uti­li­té concrète à ce token. Un smart contract peut ain­si être conclu – celui-ci va s’as­su­rer que l’hé­ber­geur res­pecte bien les termes du contrat, et laisse le client accé­der aux don­nées qu’il stocke.

Tous ces pro­jets sont extrê­me­ment pro­met­teurs. Ils pour­raient venir sérieu­se­ment concur­ren­cer les mas­to­dontes de l’hé­ber­ge­ment, en pro­po­sant des prix attrac­tifs, tout en garan­tis­sant de manière effi­cace la confi­den­tia­li­té des don­nées confiées, grâce à la Blockchain.

Réfé­rence : influen­cive