Bitcoin Cybercriminalite

Des ordinateurs quantiques pourraient permettre de pirater le Bitcoin d’ici à 2027

Bitcoin piratage par un ordinateur quantique

Un groupe d’ex­perts dans les tech­no­lo­gies quan­tiques et cryp­to­gra­phiques ont expli­qué que la sécu­ri­té de la Blo­ck­chain du Bit­coin pour­rait céder face à de puis­sants ordi­na­teurs quan­tiques, d’i­ci à dix ans.

La tech­no­lo­gie Blo­ck­chain, sur laquelle s’ap­puie le Bit­coin, pour­rait être vul­né­rable face à des attaques éma­nant d’or­di­na­teurs quan­tiques. Il s’a­git là des conclu­sions d’une enquête conduite par un groupe d’ex­perts aus­tra­liens, en col­la­bo­ra­tion avec une équipe sin­ga­pou­rienne.

Attaques quantiques sur le Bitcoin

L’é­tude sug­gère ain­si que les por­te­feuilles et les nou­velles tran­sac­tions pour­raient faire alors l’ob­jet de pira­tage.

Pour les cher­cheurs, l’al­go­rithme proof-of-work (preuve de tra­vail, autre­ment dit la manière dont les mineurs authen­ti­fient les tran­sac­tions) uti­li­sé par la cryp­to-mon­naie four­nit une pro­tec­tion rela­ti­ve­ment effi­cace face à de poten­tielles attaques éma­nant d’or­di­na­teurs quan­tiques. Ceci est prin­ci­pa­le­ment lié au recours à des mineurs de type ASIC, qui sont beau­coup plus rapides que ce que devraient être les ordi­na­teurs quan­tiques déve­lop­pés au cours des pro­chaines années.

Tou­te­fois, l’al­go­rithme Ellip­tic Curve Digi­tal Signa­ture Algo­rithm (ECDSA) uti­li­sé par le Bit­coin pour­rait pro­ba­ble­ment deve­nir vul­né­rable, et être « cra­cké » par un ordi­na­teur quan­tique d’i­ci à dix ans.

La mau­vaise nou­velle ? Cette esti­ma­tion repré­sente, pour les cher­cheurs, une éva­lua­tion opti­miste.

L’é­tude a été conduite par plu­sieurs experts :

  • Divesh Aggar­wal – Pro­fes­seur à la Natio­nal Uni­ver­si­ty de Sin­ga­pore,
  • Gavin K. Bren­nen – Pro­fes­seur asso­cié à la Mac­qua­rie Uni­ver­si­ty, à Syd­ney,
  • Troy Lee – Pro­fes­seur asso­cié à la Nanyang Tech­no­lo­gi­cal Uni­ver­si­ty, à Sin­ga­pour,
  • Mik­los San­tha – Pro­fes­seur au the Centre for Quan­tum Tech­no­lo­gies, à Sin­ga­pour,
  • Mar­co Toma­mi­chel – du Centre for Quan­tum Soft­ware and Infor­ma­tion at the Uni­ver­si­ty of Tech­no­lo­gy Syd­ney, et par­ti­ci­pant au groupe de cher­cheurss Quan­tum Resis­tant Coin.

Le groupe de cher­cheurs indique :

« Les pro­to­coles cryp­to­gra­phiques uti­li­sés actuel­le­ment afin de sécu­ri­ser l’in­ter­net et les tran­sac­tions finan­cières sont sus­cep­tibles de faire l’ob­jet d’une attaque, en cas de déve­lop­pe­ment d’un ordi­na­teur quan­tique suf­fi­sam­ment puis­sant. L’un des mar­chés les plus à risques est celui des cryp­to-mon­naies, un mar­ché qui vaut aujourd’­hui plus de 150 mil­liards de dol­lars [ndlr : près de 200 mil­liards désor­mais]. »

Alors que le minage de Bit­coin devrait res­ter sécu­ri­sé, le point de défaillance est lié à la nature de l’al­go­rithme ECDSA.

Comme le rap­porte le site Giz­mo­do, le doc­teur Mar­co Toma­mi­chel aurait décla­ré :

« De nom­breux comptes Bit­coins exis­tants, mais éga­le­ment l’en­semble des nou­velles tran­sac­tions seront sujettes à un risque à dix ans. C’est la rai­son pour laquelle nous devons dès à pré­sent com­men­cer à ima­gi­ner des solu­tions. »

Le doc­teur Mar­co Toma­mi­chel est un membre du Quan­tum Resis­tant Coin – un groupe de cher­cheurs qui ambi­tionnent de déve­lop­per des méthodes de sécu­ri­té pour les mon­naies digi­tales, en s’ap­puyant sur leur expé­riences en tech­no­lo­gies quan­tiques et en cryp­to­gra­phie. L’é­quipe tra­vaille en étroite col­la­bo­ra­tion avec Hyper­Chain, un fonds d’in­ves­tis­se­ment spé­cia­li­sé dans les pro­jets liés à la tech­no­lo­gie Blo­ck­chain.

Il ajoute :

« C’est un moment par­ti­cu­liè­re­ment enthou­sias­mant pour être impli­qué dans des recherches liées aux infor­ma­tions quan­tiques, dans la mesure où des ordi­na­teurs quan­tiques simples, comme les péri­phé­riques de Google ou d’IBM, sont deve­nus une réa­li­té. Il existe, et on peut le com­prendre, une cer­taine ner­vo­si­té dans les com­mu­nau­tés liées aux cryp­to-mon­naies, qui se demandent si leurs actifs numé­riques pour­ront résis­ter à des attaques fomen­tées par des ordi­na­teurs quan­tiques extrê­me­ment rapides. »

Aujourd’­hui, le Bit­coin reste la cryp­to-mon­naie la plus atta­quée par les cyber­cri­mi­nels, comme l’in­diquent les recherches menées par le Kas­pers­ky Lab. Ces attaques ne sont tou­te­fois pas direc­te­ment liées à la Blo­ck­chain du Bit­coin, qui n’a jamais cédé face à des pirates depuis le minage de son pre­mier bloc, en 2009.

Gageons que la com­mu­nau­té trou­ve­ra une solu­tion à cette poten­tielle faille de sécu­ri­té – une solu­tion qui pour­rait prendre la forme d’un nou­vel hard fork d’i­ci quelques années.

Notez que cer­taines cryp­to-mon­naies, comme Quan­tum Resis­tant Led­ger, pro­mettent une résis­tance face à une éven­tuelle attaque menée par un ordi­na­teur quan­tique.

Réfé­rences : Giz­mo­doCryp­to­vest




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