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Les banques devraient-elles miser sur le Bitcoin ?

Banques et Bitcoin

Alors que le Bit­coin a atteint cette semaine de nou­veaux records his­to­riques, un nombre crois­sant d’institutions finan­cières com­mencent à s’intéresser à la cryp­to-mon­naie. Mais, dans le même temps, les banques semblent encore réti­centes à fran­chir le pas.

Cette semaine, les « cryp­to-enthu­siasts » ont pu appré­cier la mon­tée du cours du Bit­coin, qui a dépas­sé la barre des 11 000 dol­lars mer­cre­di, avant de retom­ber dans la fou­lée à moins de 9500 dol­lars.

Cours du Bitcoin 02 novembre 2017

Le Bit­coin semble être deve­nu le sujet de dis­cus­sion à la mode – et de nom­breux médias géné­ra­listes l’ont évo­qué. « Bulle spé­cu­la­tive», « ovni de la finance», « sys­tème moné­taire pla­né­taire», « mon­naie de singe»,… Les qua­li­fi­ca­tifs de manquent pas pour pré­sen­ter ce qui semble encore rele­ver du mys­tère pour une majo­ri­té des fran­çais.

Mais com­ment les ins­ti­tu­tions finan­cières réagissent-elles face à la mon­tée en puis­sance de la mon­naie numé­rique ?

De grandes institutions financières sur le point de s’y mettre

Le Bit­coin sus­cite un inté­rêt crois­sant auprès de ces ins­ti­tu­tions, qui per­mettent de lui confé­rer la légi­ti­mi­té qui lui man­quait peut-être jusqu’à pré­sent.

CME Group va ain­si pro­po­ser des contrats à terme sur le Bit­coin dès le 18 décembre pro­chain, tout comme la socié­té Nas­daq, qui devrait s’y mettre dans le cou­rant du second tri­mestre 2018.

La banque d’investissement amé­ri­caine Can­tor Fitz­ge­rald espère éga­le­ment pro­po­ser des pro­duits déri­vés avec le Bit­coin comme sous-jacent pour le pre­mier semestre 2018.

Richard LevinDans un article publié cette semaine sur le site Ame­ri­can Ban­kerRichard Levin, pré­sident du cabi­net de conseil juri­dique Pol­si­nel­li PC, a décla­ré qu’il pen­sait que ces déci­sions envoyaient « un mes­sage clair, indi­quant que des enti­tés “tra­di­tion­nelles” du sec­teur des ser­vices finan­ciers étaient en train d’adopter les mon­naies numé­riques.»

Il a expli­qué ceci :

« Vous voyez que le Chi­ca­go Mer­can­tile Exchange et Nas­daq, deux des prin­ci­pales pla­te­formes d’échange, adoptent des pro­duits finan­ciers liées à un actif numé­rique. Elles ne s’y mettent pas de manière désor­don­née – elles ont pour cela mené de longues dis­cus­sions avec les auto­ri­tés de régu­la­tion concer­nées.»

Il a pour­suit ain­si :

« De nom­breux inves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels sont en train de s’intéresser à cette classe d’actifs numé­riques, et se demandent : “s’agit-il d’un nou­vel actif sur lequel nous pou­vons spé­cu­ler ?”. Tout comme le déve­lop­pe­ment de pro­duits déri­vés liés au Bit­coin, cer­tains agents réa­lisent qu’il s’agit là d’un nou­veau domaine qui peut leur per­mettre de gagner de l’argent. »

L’imprévisibilité continue de poser problème

M. Levin a tou­te­fois indi­qué que les auto­ri­tés de régu­la­tion étaient sans doute fri­leuses du fait des risques liés aux achats par les par­ti­cu­liers, qui pour­raient ne pas avoir bien pris conscience de la forte vola­ti­li­té du Bit­coin – et perdre ain­si une par­tie de leurs éco­no­mies.

Cette inquié­tude pour­rait d’ailleurs être exa­cer­bée par les récents aver­tis­se­ments éma­nant de la Réserve fédé­rale des États-Unis au sujet de l’imprévisibilité du Bit­coin.

Coinbase hausse du prix du Bitcoin

« Je pense qu’ils ont peur que les par­ti­cu­liers, qui n’ont pas les connais­sances finan­cières néces­saires, perdent de l’argent,» a-t-il ain­si confié.

Une trop forte volatilité pour le CEO de Goldman Sachs

Pour de nom­breux obser­va­teurs, l’arrivée de ces grands noms dans l’écosystème Bit­coin pour­rait ne pas débou­cher sur une adop­tion mas­sive de celui-ci dans le sec­teur ban­caire.

Mais cela aurait au moins le mérite de les encou­ra­ger à s’y inté­res­ser de plus près, et ten­ter de mieux com­prendre son fonc­tion­ne­ment.

« Quelque chose qui aug­mente et dimi­nue de 20% dans une jour­née ne me semble pas être une mon­naie, ça ne me semble pas être une réserve de valeur», avait décla­ré jeu­di der­nier Lloyd Blank­fein, CEO de Gold­man Sachs. Il avait éga­le­ment indi­qué qu’il était « encore trop tôt » pour que la banque puisse se tour­ner vers le Bit­coin, sans tou­te­fois reje­ter cette idée.

D’autres sont beau­coup plus hos­tiles à l’égard de la mon­naie numé­rique. C’est le cas de Jamie Dimon, le PDG de JPMor­gan Chase, qui n’avait pas hési­té à la qua­li­fier de « fraude » – alors que son ins­ti­tu­tion pour­rait pro­chai­ne­ment pro­po­ser à ses clients les contrats à terme sur le Bit­coin de CME Group.

Institutions financières Bitcoin

Un marché à terme, une bonne nouvelle pour le Bitcoin

Tid­jane Thiam, le direc­teur géné­ral du Cré­dit Suisse avait décla­ré au début du mois de novembre que les banques “n’avaient que peu ou pas d’appétit pour une mon­naie qui pose des pro­blèmes consé­quents, tels que la lutte contre le blan­chi­ment d’argent.

Le manque de sta­bi­li­té des prix, mais éga­le­ment l’absence d’un cadre régle­men­taire clair font éga­le­ment par­tie des inquié­tudes.

Ben Jessel« Il est très dif­fi­cile pour les banques de pou­voir béné­fi­cier du Bit­coin,» a expli­qué Ben Jes­sel, direc­teur géné­ral de la socié­té de conseil Cap­co.

« Il ya beau­coup d’inquiétudes concer­nant ses fon­da­men­taux. Cer­taines espèrent que l’arrivée d’un mar­ché à terme va nous per­mettre de nous faire une idée au sujet du futur prix du Bit­coin, et peut-être limi­ter la dimen­sion spé­cu­la­tive de cet actif.» a-t-il ajou­té.

Cet année, le cours de la cryp­to-mon­naie s’est appré­cié de plus de 1000%. Cette flam­bée coïn­cide avec l’appétence crois­sante pour la mon­naie numé­rique de cer­tains com­mer­çants, de plus en plus nom­breux à accep­ter les paie­ments en Bit­coin, ou son uti­li­sa­tion par des citoyens cher­chant à se pré­mu­nir face à des poli­tiques moné­taires défaillantes. L’arrivée d’investisseurs ins­tu­ti­ton­nels semble logique, même s’il inter­vient alors que cer­tains obser­va­teurs alertent sur la for­ma­tion d’une bulle spé­cu­la­tive.

Maximilian von Wallenberg« Tous les jours, en ce moment, seule­ment 1 mil­lion de Bit­coins [ndlr : sur les 16,7 mil­lions qui ont été, jusqu’ici, créés] sont acti­ve­ment échan­gés», a expli­qué Maxi­mi­lian von Wal­len­berg, le co-fon­da­teur de la pla­te­forme de tra­ding Cryp­to­naut.

« Mais il y a déjà des mil­lions de per­sonnes qui cherchent à entrer sur ce mar­ché. Par ailleurs, des fonds ins­ti­tu­tion­nels sont en train d’arriver » a-t-il indi­qué.

La blockchain, le Bitcoin et les paiements transfontaliers

Ben Jes­sel a insis­té sur le fait que le Bit­coin, mais de manière plus géné­rale la tech­no­lo­gie Blo­ck­chain sur laquelle il s’appuie, pour­raient révo­lu­tion­ner les sys­tèmes de paie­ment trans­fon­ta­lier actuels, jugés inef­fi­cients.

« Je pense que la plus grande inno­va­tion vien­dra des paie­ments trans­fon­ta­liers » a-t-il expli­qué. « Les réseaux ban­caires dont nous dis­po­sons aujourd’hui néces­sitent trois jours d’attente pour effec­tuer un vire­ment.»

William Quigley Clearstone« Pour les paie­ments trans­fon­ta­liers, il n’y a rien de mieux que la cryp­to-mon­naie,» a ajou­té William Qui­gley, direc­teur géné­ral de Clears­tone Ven­ture Part­ners. « De plus en plus de per­sonnes com­mencent à s’en rendre compte, et cela a un impact sur le prix du Bit­coin.»

Ce phé­no­mène peut d’ailleurs s’observer en France, puisque, comme nous vous l’indiquions récem­ment, plus de 30% des clients de la Mai­son du Bit­coin uti­li­se­raient la mon­naie numé­rique pour envoyer de l’argent vers l’Afrique.

Un rendez-vous que les banques pourraient manquer ?

Pour cer­tains obser­va­teurs, les banques qui ne voient pas le poten­tiel du Bit­coin – que ce soit pour mener ce type de trans­ferts, ou pour pro­fi­ter des appli­ca­tions révo­lu­tion­naires de la tech­no­lo­gie Blo­ck­chain – pour­raient un jour en payer le prix.

David Tawil« Il s’agit d’un train en marche, per­sonne ne ferme ses portes pour le moment,» a décla­ré David Tawil, pré­sident de Maglan Capi­tal, et ancien ban­quier d’investissement au sein du Cré­dit Suisse. « Les pro­fes­sion­nels des ser­vices finan­ciers qui ne réa­lisent pas la pré­sence du Bit­coin, et ne cherchent pas à mieux connaître les cryp­to-mon­naies, pour­raient un jour en pâtir,» a-t-il ajou­té.

La route vers une plus grande adop­tion pour­rait être faci­li­tée une fois que les risques liés aux Bit­coins seront dimi­nués. M. Tawil a expli­qué que la mon­naie numé­rique était « extrê­me­ment atti­rante», en par­ti­cu­lier dans les pays qui souffrent d’un envi­ron­ne­ment éco­no­mique et poli­tique instable.

Pour M. Tawil, « les auto­ri­tés de régu­la­tion doivent s’intéresser à cette pro­blé­ma­tique dès que pos­sible, et trou­ver des moyens pour léga­li­ser ces mon­naies.»

En France, Fré­dé­ric Oudéa, le direc­teur géné­ral de la Socié­té Géné­rale, avait décla­ré que le Bit­coin cor­res­pon­dait « à la défi­ni­tion même d’une bulle spé­cu­la­tive.»

Et du côté de la Banque de France, Fran­çois Vil­le­roy de Gal­hau a récem­ment aler­té les inves­tis­seurs sur les risques liés à la dimen­sion spé­cu­la­tive du Bit­coin, en affir­mant qu’il ne s’agissait « ni d’une mon­naie, ni même d’une cryp­to-mon­naie.»

Dif­fi­cile d’anticiper les pro­chaines réac­tions des ins­ti­tu­tions ban­caires, alors que le Bit­coin semble prendre chaque mois plus l’ampleur. On peut tou­te­fois pen­ser que les appli­ca­tions s’appuyant sur la tech­no­lo­gie blo­ck­chain pour­raient, à terme, modi­fier pro­fon­dé­ment la manière dont les citoyens gèrent, dépensent et inves­tissent leur argent.

Réfé­rences : Bit­coi­nist, Coin­mar­ket­cap, newsbtc.com

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